Dossier n°11841 - Juste(s)

Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)


Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2010

Louise Martinand Genod

Année de nomination : 2010
Date de naissance : 20/11/1914
Date de décés : 30/01/2012
Profession : Cultivatrice

Localisation Ville : Lompnieu (1260)
Département : Ain
Région : Auvergne-Rhône-Alpes

L'histoire

Louise Martinand-Genod était une jeune veuve qui vivait avec son fils Marcel âgé de neuf ans en 1942, son frère célibataire Paul et sa tante Alice qui n’était pas mariée. Elle possédait une ferme dans le petit village de Lompnieu dans l’Ain qui comptait 150 habitants. Le mari de Louise avait été tué dans un accident de moto peu après leur mariage.

Malgré les difficultés de sa vie, début 1943, elle hébergea chez elle un enfant, Saul Janou, du même âge que son propre fils Marcel. La famille de Saul vivait à Paris avant la guerre et s’était réfugiée à Lyon après l’occupation allemande. Le frère de Louise, Paul alla chercher le garçon à Lyon.

Plusieurs mois après son arrivée, l’enfant juif fut transféré dans une autre famille chez Eugène Gonguet. Saul ne connaissait pas la raison de ce transfert, mais dans son témoignage, le sauveur a écrit qu’on avait retiré l’enfant à cause de la tante Alice, qui en fait décéda peu après.

Eugène Gonguet était un veuf de soixante treize ans qui tenait une ferme. Saul eut des difficultés à s’adapter à la vie à la campagne. Cependant il s’attacha à la famille Gonguet chez qui il trouva un esprit de sacrifice de soi.

Vers la fin de la guerre, les Allemands commirent des actes de violence dans le village et arrêtèrent la plupart des hommes, dont Paul Genod, qui fut déporté dans le camp de concentration de Mauthausen où il fut assassiné. Bien que les villageois soient parfaitement au courant de l’identité juive de Saul, aucun de le dénonça.

Après la Libération de la France, le père de Saul vint chercher son fils dans le village et la famille fut de nouveau réunie. Plus de soixante ans après, Saul Janou reprit contact avec le village et les personnes qui lui avaient sauvé la vie.

Le 28 avril 2010, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Justes parmi les Nations à Madame Martinand-Genod et à Monsieur Eugène Joseph Gonguet.

Documents annexes

Invitation cérémonie Martinand Invitation cérémonie Martinand
16 novembre 2014 09:17:16

Articles annexes

Aucun autre article