Dossier n°11850A - Juste(s)

Consulter le dossier de JĂ©rusalem (en anglais)


Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2010

Pierre Combe

Année de nomination : 2010
Date de naissance : 30/11/1897
Date de décés : 07/04/1955
Profession : fermier

Localisation Ville : Vizille (38220)
Département : Isère
RĂ©gion : Auvergne-RhĂ´ne-Alpes

L'histoire

Pierre Combe

Nuta et Téofila Szister, émigrés polonais s’étaient rencontrés à Paris. Ils se marièrent en 1938 et leur fille Jacqueline naquit l’année suivante.

A la déclaration de la guerre, Nuta s’engagea dans l’armée française mais fut arrêté le 14 mai 1941 lorsqu’il se présenta au commissariat de police et envoyé à Beaune la Rolande. En juin 1942 il fut déporté par le convoi N° 5 et assassiné à Auschwitz.

Peu après l’arrestation de Nuta, Téofila fut dénoncée par son propriétaire. Seule avec un bébé âgé de deux ans, elle décida de s’enfuir immédiatement vers Lyon en zone libre, où un membre de sa famille était déjà caché.

Craignant d’être découverte sur la route, Téofila donna beaucoup de chocolat à Jacqueline pour qu’elle ne pleure pas. Le bébé tomba malade et quand elles arrivèrent à Bron dans le Rhône, il avait un besoin urgent de soins médicaux. Téofila emmena le bébé à l’hôpital où elle rencontra le Docteur Charles Faguin.

Il prit en charge immédiatement la mère et l’enfant. Il fournit à Téofila une fausse carte d’identité pour les deux et l’invita à se réfugier dans son appartement. Peu après il les installa dans un hôtel en face de l’hôpital psychiatrique. Il trouva même un travail à Téofila comme femme de ménage dans l’hôtel. Le Docteur Faguin s’assurait constamment de leur sécurité.

Jacqueline se rappelle de Monsieur et Madame Gentil, un couple qui l’emmenait se promener dans un jardin public proche. En fait, ils s’appellaient Didischeim. C’était des Juifs réfugiés de Belgique qui avaient été aussi pris sous l’aile du Docteur Faguin.

Quand le danger s’accentua dans la région, Le Docteur Faguin décida de transférer Jacqueline chez Monsieur Pierre Combe, une connaissance qui habitait avec sa famille à Vizille dans l’Isère. Il avait 72 ans, était dans la Résistance et cachait souvent des jeunes dans la Résistance. Téofila et Jacqueline restèrent chez Monsieur Combe jusqu’à la Libération.

Soixante ans après la guerre, Jacqueline est retournée à Vizille et a retrouvé la ferme où elle avait été cachée. Elle a rencontré la petite-fille de son sauveur et les deux femmes ont échangé des souvenirs pleins d’émotion.

 

Le 13 juin 2010, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Monsieur Pierre Combe.

Documents annexes

Aucun document

Articles annexes