Dossier n°12096 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2011

Pierre Lignot

Année de nomination : 2011
Date de naissance : 14/06/1910
Date de décés : 03/01/1961
Profession : officier

Marguerite Lignot Quiot

Année de nomination : 2011
Date de naissance : 07/03/1908
Date de décés : //
Profession : Couturière

Localisation Ville : Saint-Etienne (42000)
Département : Loire
Région : Auvergne-Rhône-Alpes

Personnes sauvées

Cérémonies

    Date de Cérémonie de reconnaissance: 15 Octobre 2012

    L'histoire

    Le droit a guidé la vie de Jean-Philippe Lévy. Né à Paris en juin 1912, dans une famille originaire d’Alsace-Lorraine, Jean-Philippe Lévy est devenu, avant la Seconde Guerre mondiale, docteur en droit.

    Son père, Meyer Auguste Lévy, a terminé sa carrière comme sous-directeur honoraire de la préfecture de la Seine. Les parents de Jean-Philippe Lévy vivaient à Vincennes en région parisienne ; son frère aîné, né en 1903, était avoué en Avignon dans le Vaucluse.

    Jean-Philippe Lévy devient chargé de cours à la faculté de droit de Lyon, de décembre 1937 jusqu’à la déclaration de guerre où il est mobilisé comme officier. Après l’armistice de juin 1940, il est affecté à l’intendance militaire de Saint-Étienne dans la Loire, comme officier de réserve. C’est là qu’il rencontre Pierre Lignot, officier d’active.

    En octobre 1940, à la suite de l’entrée en vigueur du statut des Juifs interdisant certaines professions aux Juifs, notamment dans l’armée et l’enseignement, Jean-Philippe Lévy ne peut plus continuer son activité. Dès l’annonce, il indique à son supérieur, l’intendant militaire, qu’il ne peut plus être dans l’armée. L’intendant a du mal à comprendre cette situation. Jean-Philippe Lévy informe alors son collègue Pierre Lignot qui, peu de temps après, l’invite à déjeuner chez lui, le dimanche suivant. Le couple Lignot et Jean-Philippe Lévy deviennent amis.

    Ce dernier avait déjà publié des ouvrages juridiques. Ses droits d’auteur étaient dus par les éditeurs et c’est pour les récupérer que Jean-Philippe Lévy demande à Pierre Lignot – qui l’accepte – de lui servir de prête-nom, et ce dernier a été d’une parfaite loyauté.  Toutefois, Jean-Philippe Lévy occupe divers emplois à Saint-Étienne. Mais chaque fois qu’un danger de rafles nocturnes menace, à partir de l’invasion de la zone sud par l’armée allemande, en novembre 1942 et surtout durant l’année 1943, Pierre Lignot et son épouse, Marguerite Lignot, l’hébergent chez eux.

    En octobre 1943, Jean-Philippe Lévy est embauché à la maison d’édition juridique du Juris-Classeur, à Toulouse en Haute-Garonne et rejoint cette ville. Il garde le contact, principalement par courrier, avec le couple Lignot, resté à Saint-Étienne.  En raison du risque de rafles à Toulouse, Jean-Philippe Lévy loue une chambre, mais pas sous son propre nom. Il utilise celui de Lignot. Par la suite, il demande à son protecteur l’autorisation de fabriquer une fausse carte d’identité en recopiant intégralement l’état civil et les mentions de la carte de Pierre Lignot, qui accepte malgré les risques. Jean-Philippe Lévy a pu ainsi passer entre les mailles du filet et il a toujours été reconnaissant envers Pierre et Marguerite Lignot.

    Le 26 avril 2011, l’Institut Yad Vashem Jérusalem a décerné le titre de Justes parmi les Nations à Monsieur Pierre Lignot et à son épouse Madame Marguerite Lignot.

     

    Mr et Mme LIGNOT

    Mme Lignot, Mr Lévy et le petit André

    Rochetaillée juin 1942

    Barrage Rochetaillée

    Documents annexes

    Invitation cérémonie Lignot Invitation cérémonie Lignot
    25 octobre 2012 16:34:48

    Articles annexes