Dossier n°1212 - Juste(s)

Consulter le dossier de JĂ©rusalem (en anglais)


Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1977

Laurent Gilardino

Année de nomination : 1977
Date de naissance : 05/04/1909
Date de décés : //
Profession : Employé de téléphérique au salève

Agnès Gilardino Rutschi

Année de nomination : 1977
Date de naissance : 11/10/1917
Date de décés : //
Profession : Femme au foyer

Localisation Ville : Monnetier-Mornex (74560)
DĂ©partement : Haute-Savoie
RĂ©gion : Auvergne-RhĂ´ne-Alpes

L'histoire

Laurent et Agnès Gilardino
Laurent et Agnès Gilardino vivaient avec leurs deux enfants Ă  Monnetier-Mornaix, un petit village de Haute-Savoie. En 1942, Agnès, qui se promenait avec son petit garçon, rencontra deux inconnus. Il s’agissait de Leib Rudenski et de sa femme, des Juifs de Belgique qui avaient tentĂ© de se rĂ©fugier en Suisse mais avaient Ă©tĂ© refoulĂ©s Ă  la frontière. EpuisĂ©s, terrorisĂ©s, les malheureux demandèrent Ă  la jeune femme de leur indiquer un chemin dĂ©tournĂ© pour ne pas ĂŞtre dĂ©couverts. Emue par leur dĂ©tresse, Agnès les invita Ă  la suivre, en leur promettant l’aide de son père et de son mari. August Rutschi, le père d’Agnès, fut horrifiĂ© par le rĂ©cit des Rudenski. NĂ© en Suisse, cet homme qui avait Ă©tĂ© pasteur ne pouvait croire que sa patrie ait pu traiter ainsi des ĂŞtres humains dans le besoin. Il offrit l’hospitalitĂ© aux fugitifs. Les Rudenski reçurent une chambre dans la maison oĂą vivaient dĂ©jĂ  Agnès et son mari Laurent, les parents d’Agnès, August et CĂ©cile, et sa soeur mariĂ©e. Tous traitèrent les fugitifs avec chaleur et compassion. Laurent, le mari d’Agnès, qui Ă©tait bĂ»cheron, se chargea de les protĂ©ger. Les Rudenski, qui Ă©taient dĂ©munis de tout, tinrent Ă  payer leur Ă©cot en participant aux tâches mĂ©nagères. Leurs deux enfants se trouvaient dans un home de l’OSE. Laurent Gilardino, voyant qu’ils se faisaient du souci pour eux, se dĂ©clara prĂŞt Ă  aller les chercher. Mais entre temps les petits avaient Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©s en Suisse avec les autres enfants de l’Ă©tablissement. En janvier 1943, la situation devint critique : les Gilardino, craignaient une dĂ©nonciation et dĂ©cidèrent, en accord avec leurs protĂ©gĂ©s, de les transfĂ©rer dans une nouvelle cachette. Laurent et son beau-frère continuèrent Ă  ravitailler les fugitifs jusqu’en mai 1943, oĂą les Rudenski rĂ©ussirent Ă  obtenir de faux-papiers grâce Ă  l’aide de rĂ©sistants français. Ils purent alors trouver du travail et un logement.

Le 7 septembre 1977, l’Institut Yad Vashem de JĂ©rusalem a dĂ©cernĂ© Ă  Laurent et Agnès Gilardino, ainsi qu’Ă  ses parents August et CĂ©cile Rutschi, le titre de Juste parmi les Nations. 

Cérémonie à Yad Vashem Jérusalem

Documents annexes

Aucun document

Articles annexes

Aucun autre article