Dossier n°12122 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2011

Amédée François

Année de nomination : 2011
Date de naissance : 16/06/1904
Date de décés : 30/09/1975
Profession : Cultivateur

Suzanne François Reynaud

Année de nomination : 2011
Date de naissance : 19/02/1911
Date de décés : 11/04/2000
Profession : Cultivatrice

Localisation Ville : Châteauneuf-sur-Isère (26300)
DĂ©partement : DrĂ´me
RĂ©gion : Auvergne-RhĂ´ne-Alpes

L'histoire

Amédée & Suzanne en 1933
Esther et Aaron Goldstein sont arrivés en France après la première guerre mondiale, en venant d’Egypte. Leurs trois enfants sont nés à Paris. Léon en 1924, Adèle en 1925, Victoria en 1928.

La famille déménage ensuite à Caen où le père est marchand en bonneterie. Les parents divorcent en 1937 et la mère Esther se remarie en 1939. Le père obtient la garde des deux ainés, la dernière Victoria reste avec sa mère et son nouveau mari.

En 1940, Esther, son mari et Victoria quittent Caen pour fuir les allemands et arrivent à Pau. Aaron Goldstein, le père des enfants est arrêté à Caen le 1er mai 1942 et déporté à Auschwitz où il décédera. Les deux enfants Léon et Adèle qui vivaient avec lui réussissent à franchir la ligne de démarcation et à rejoindre leur mère, le mari de celle-ci ainsi que la jeune sœur Victoria.

La famille reste à Pau encore quelques temps, mais beaucoup de gens savent qu’ils sont juifs. Ils décident donc de quitter la ville. Une connaissance des parents leur donnera le nom et l’adresse d’un membre de la résistance à Romans-sur-Isère. Ils partent tous à Romans, où leur contact les amène chez des fermiers qui pourraient éventuellement héberger les deux filles.

En octobre 1942 les filles sont accueillies dans une ferme à Châteauneuf-sur-Isère dans la Drôme, à plusieurs kilomètres de Romans. La ferme appartenait à monsieur et Madame Amédée François et elle avait une position plutôt isolée. Monsieur François a trouvé aussi d’autres fermiers qui ont caché la mère et le beau-père des enfants. Léon le fils, est parti au Vercors pour rejoindre la résistance.

Les deux filles sont restées à la ferme jusqu’en septembre 1944. Elles aidaient les François pour les différents travaux, mais elles étaient considérées comme des membres de la famille et Roger le fils des François qui avait 7 ans en 1942 était comme un petit frère pour elle.

Elles étaient présentées au voisinage comme des petites cousines de Paris qui habitaient à la ferme parce qu’à Paris, elles avaient à peine de quoi manger.

Quand des allemands s’approchaient de la ferme, elles se cachaient dans la grange sous le foin.

Après la libération, les deux sœurs ont retrouvés les leurs à Romans. La ville de Caen ayant été détruite pendant la libération, la famille Goldstein s’est installée à Paris.

Le 25 mai 2011, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Monsieur François Amédée et son épouse Suzanne.

Amédée avec Roger samuel FRANCOIS Suzanne FRANCOIS et René FRANCOIS en 1947

Amédée et Suzanne en 1960

Documents annexes

Invitation cérémonie François Invitation cérémonie François
25 octobre 2012 17:08:29

Articles annexes