Dossier n°12162A - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Joseph Papillon

Année de nomination : 2013
Date de naissance : 19/05/1903
Date de décès : 07/03/1968
Profession : cultivateur

Léontine (Lacroix) Papillon

Année de nomination : 2013
Date de naissance : //
Date de décès : 13/06/1965
Profession : cultivatrice

    Personnes sauvées

    Date de Cérémonie de reconnaissance: 29 Septembre 2014

    L'histoire

     

    Madeleine Herbert, née Lacroix en 1911, habitait la ville de Vire  dans le Calvados. Elle travaillait comme employée dans le magasin de vêtements de la famille Goldnadel, des Juifs émigrés de Pologne, dont l’enseigne s’appelait Au Chic de Paris. À la suite des lois antijuives de 1940-1941, l’affaire fut confisquée. Malgré cela, Madeleine continua à travailler auprès de la famille Goldnadel comme aide-ménagère. Le père de famille, Bernard Goldnadel, gravement malade, fut admis dans une maison de repos pour tuberculeux.

    En juin 1942, des policiers vinrent à Vire pour arrêter Bernard et firent pression sur son épouse Rivka, dite Régine, afin qu’elle révèle le lieu où il se trouvait. Elle déclara l’ignorer. Son fils Jacques, alors âgé de 9 ans, ainsi que Madeleine Lacroix, furent témoins de la scène. Après le départ des policiers, Rivka prépara quelques affaires dans une petite valise. Madeleine emmena aussitôt l’enfant chez elle. Le lendemain, elle se rendit chez sa sœur Léontine Papillon, dont le mari Joseph accepta d’accueillir Jacques dans leur ferme située à Mortrée, dans l’Orne. Jacques Goldnadel vécut de 1942 à 1944 au sein de la famille Papillon. Il fréquenta l’école du village, participa aux travaux de la ferme et assista à la messe le dimanche. Le couple Papillon avait un fils, Christian, du même âge que Jacques.

    À l’été 1944, le maire avertit la famille Papillon qu’elle avait été dénoncée pour avoir caché un enfant juif. Léontine alerta alors sa sœur Madeleine, qui se rendit immédiatement à Mortrée et emmena Jacques dans le sud de la France, à Guéret, dans la Creuse, située sous la ligne de démarcation. Le lendemain du transfert de Jacques chez les Papillon, Rivka Goldnadel fut arrêtée à son domicile de Vire. Elle fut déportée vers les camps de la mort, où elle trouva la mort. Nicole, la fille de Madeleine Herbert, née après la guerre, a raconté que sa mère était très attachée à ses anciens employeurs et à leur fils Jacques, dont elle parlait souvent. C’est ainsi qu’elle a renoué les liens avec la famille Goldnadel à l’occasion du centième anniversaire de Madeleine Herbert, en 2011.

     

    Le 22 juin 2011, l’Institut international pour la mémoire de la Shoah Yad Vashem a décerné à Madame Madeleine Herbert, née Lacroix, le titre de Juste parmi les Nations.

    Le 26 mai 2013, Joseph et Léontine Papillon ont également reçu, à titre posthume, le titre de Justes parmi les Nations.

     

    Documents annexes

    Invitation cérémonieInvitation cérémonie
    2 avril 2018 08:54:13

    Articles annexes

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    Mis à jour il y a 2 jours.