Dossier n°12278

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Les Justes

Année de nomination : 2012
Czeslaw Szafranski
Année de nomination : 2012
Date de naissance : 30/10/1903
Date de décés : 09/07/1986
Profession : Ouvrier manœuvre

Marie Szafranski Kotulski
Année de nomination : 2012
Date de naissance : 26/01/1907
Date de décés : 17/12/1992
Profession : Couturière

Localisation Ville : Paris (75003)
Département : Paris
Région : Île-de-France

Lieu de mémoire

Personnes sauvées

Cérémonies

    Date de Cérémonie de reconnaissance: 26 Février 2013


    Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


    L'histoire

    M. SZAFRANSKI
     

    Mme SZAFRANSKI
    Céline, Cywia KITMACHER, la maman de Sylvain  ZYLBERBERG, est née à Lublin le 21/10/1916.

    Sa grand-mère, Esther KITMACHER était venue en France en 1921 à l’âge de 28 ans avec deux enfants Cywia et Israël.

    David ZYLBERBERG arrive de Pologne en France en 1930 à l’âge de 19 ans.

    David ZYLBERBERG et Cywia KITMACHER se rencontrent au « Chalet du Lac », le dancing à la mode du moment.

    Ils se marient. Naissance de leur fils Sylvain ZYLBERBERG le 26/07/1937 à Paris à l’Hôpital Rothschild.

    David est tailleur pour homme, Cywia est couturière.

    A la déclaration de la guerre, David ZYLBERBERG s’engage dans les régiments de marche des volontaires étrangers de la Légion étrangère. Il est fait prisonnier en 1940 à Marchélepot dans le Nord de la France et passera le reste de la guerre dans les stalags allemands.

    Le 16 juillet 1942 au matin, César, Czeslaw SZAFRANSKI quitte son usine de la Plaine Saint-Denis (banlieue Nord de Paris) où il était ouvrier manœuvre. En rentrant chez lui à vélo rue des Archives à Paris, il voit beaucoup de bus cachés dans les petites rues. Il voit la police française jeter brutalement des femmes et des enfants à l’intérieur des bus.

    Arrivé chez lui au 80 rue des Archives dans son appartement du 6ème étage, il raconte très vite à sa femme Marie SZAFRANSKI ce qui se passe dehors. Il lui dit de descendre immédiatement au 4ème étage pour aller chercher Madame Céline et son fils Sylvain : « Madame Céline ! Madame Céline ! Vite ! On rafle tous les Juifs ! » Leur crie-t-elle.

    Marie SZAFRANSKI prend le grand matelas et le jette sur ses épaules. Sylvain et sa mère vivent un cauchemar. Tout s’est passé en moins de deux minutes. Ils arrivent au 6ème étage au fond du couloir.

    Ce sera la nouvelle demeure de Cywia jusqu’à la Libération chez le couple SZAFRANSKI.

    Quelques mois plus tard, Cywia réussit à contacter une tante qui demeurait depuis 1941 à Sisteron dans le Sud de la France. Cywia n’osait pas quitter Paris. Elle trouve la vendeuse de la boulangerie, Marcelle LEFEVRE, qui accepte d’accompagner Sylvain à Sisteron. Sylvain se souvient qu’il devait l’appeler « Maman » pendant le voyage pour ne pas éveiller le moindre soupçon.

    Sylvain reste quelque temps à Sisteron, mais pour plus de sécurité, il est conduit à Troo (Loir-et-Cher, dans le Centre Ouest de la France) chez Monsieur et Madame GUILLON qui le cachent pendant 7 mois.

    Il semblerait, d’après les dires de Sylvain, que de nombreux enfants juifs ont été cachés dans ce village, grâce vraisemblablement au réseau de la Colonie Scolaire de la rue Amelot, et que les personnes qui gardaient les enfants ont été rétribuées par cet organisme. Sylvain se souvient que sa mère lui avait dit que c’était elle qui payait le couple GUILLON, et que les sommes versées étaient importantes.

    Aujourd’hui, Sylvain peut dire et témoigner que sa mère et lui ont eu beaucoup de chance de trouver César et Marie SZAFRANSKI. En quelques minutes, ils ont compris le danger. Ce sont des gens courageux qui ont agi avec beaucoup d’humanité et les ont protégés avec bonté et générosité, jusqu’au retour de captivité en Allemagne de son père David ZYLBERBERG.

    Les deux familles sont restées très unies. Des liens d’amitié entre Claude SZAFRANSKI, le fils de César et Marie, et Sylvain ZYLBERBERG durent jusqu’à aujourd’hui.

    Après la guerre, David ZYLBERBERG a employé Madame Marie SZAFRANSKI dans son atelier de confection pour homme.

    La situation dans l’après-guerre était certes difficile, mais pour les parents de Sylvain, aider les SZAFRANSKI était primordial.

    Les SZAFRANSKI et les ZYLBERBERG ont été invités à toutes les fêtes des deux familles : mariages, naissances, Noël, communions,…

    « La famille SZAFRANSKI fait partie de l’histoire de ma vie » dit Sylvain ZYLBERBERG.

    Le 20 mars 2012, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Monsieur Czeslaw Szafranski et à son épouse Madame Marie Szafranski.

     

     

    M et Mme SZAFRANSKI

    SZAFRANSKY Ceslas

    SZAFRANSKY Marie

    M Zylberberg militaire

    Sylvain Zylberberg et sa mère 1941

    Ginette  à Sisteron en 1943

    Fils Szafranski

    M David Zylberberg en Allemagne en 1942

    M & Mme Zylberberg

    Sylvain à Sisteron en1942

    Sylvain et sa mère en1940

    SZAFRANSKY Claude

    ZYLBERGBERG Sylvain

    Documents annexes

    Les enfants cachés de Troo Les enfants cachés de Troo
    1 février 2014 16:42:08
    Invitation  cérémonie Szafranski Invitation cérémonie Szafranski
    24 février 2013 19:04:21

    Articles annexes

    Aucun autre article