Dossier n°12291 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2012

Pierre Ferrand

Année de nomination : 2012
Date de naissance : 17/08/1903
Date de décés : 14/10/1980
Profession : IngĂ©nieur, Chef d’entreprise de serrurerie

Suzanne Ferrand Caillon

Année de nomination : 2012
Date de naissance : 18/05/1908
Date de décés : 22/08/1986
Profession : Sans profession

Localisation Ville : Villeurbanne (69100)
DĂ©partement : RhĂ´ne
RĂ©gion : Auvergne-RhĂ´ne-Alpes

L'histoire

FERRAND Pierre et Suzanne
Moise Sibilia arrive en France de Bulgarie en 1912. Il y fait ses études d’ingénieur à l’école des arts et métiers à Cluny.

Eugénie Sibilia née Sadok est née en Turquie. Sa famille arrive en France en 1923. Moise et Eugénie se marient en 1939 et ont deux enfants pendant la guerre. Le premier Robert né en 1941 et Gérard en 1942.

Avant la guerre, la jeune famille habite Grenoble. Le père est un militaire de carrière et ils ont du mal à joindre les deux bouts. A la déclaration de la guerre, le père est envoyé au front où il est blessé. Après la reddition de la France, son unité est envoyée à Périgueux. Son épouse se rend chez ses parents pendant l’absence de son mari et le rejoint quand son unité est stationnée à Périgueux.

En 1941 avec les lois anti-juives de Pétain, Moise est renvoyé de l’armée. Eugénie retourne chez ses parents où elle donne naissance à son fils ainé au mois d’avril. Son mari va du coté de Lyon afin de trouver du travail comme ingénieur. Il en trouve grâce à un ancien camarade de classe dans une usine à Vénissieux.

Sa famille le rejoint et ils trouvent un logement à Villeurbanne. Mais l’étau se resserre autour de la population juive et la peur d’une arrestation oblige la famille à chercher une autre alternative.

Suite à une information obtenue par les parents de Moise, annonçant que les auxiliaires de police de la gestapo sont à leur recherche, ils quittent le lieu où ils habitent. En janvier 1942 la famille se rend chez un vieil ami de Moise qui était avec lui à l’école des arts et métiers, Pierre Ferrand. La maison se trouve dans un lieu relativement isolé. Tout aux alentours, il y a des petits commerces et des ateliers d’arts. Dans la même maison se trouve la sœur de Pierre ainsi que son mari. Les deux couples reçoivent les réfugiés chaleureusement qui se sentent en sécurité chez eux. Grace aux Ferrand, Les Sibilia obtiennent des faux papiers leur donnant une identité aryenne. Grace à ces nouvelles identités, Pierre Ferrand peut demander à un autre camarade de promotion, que celui-ci trouve du travail pour Moise. C’est chose faite, sans que ce dernier ne pose aucune question.

Moise S’installe à Feurs  tandis que sa famille (dont le deuxième fils Gérard est né en novembre 1942) va dans une maison appartenant aux Ferrand à Vertrieu dans l’Isère.

Ils y restent trois mois puis en juin 1944 rejoignent Moise à Feurs jusqu’à la libération.

Les deux familles resteront en contact tout au long de leurs vies.

Le 8 mai 2012, l’Institut Yad vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Pierre et Suzanne Ferrand.

Documents annexes

Invitation  cérémonie Ferrand Invitation cérémonie Ferrand
13 novembre 2013 08:03:08

Articles annexes