Dossier n°12331

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Les Justes

Année de nomination : 2012
Jean Villot
Année de nomination : 2012
Date de naissance : 25/06/1906
Date de décés : 10/05/1990
Profession : professeur

Jeanne Villot Boulin
Année de nomination : 2012
Date de naissance : 05/08/1899
Date de décés : 19/09/1957
Profession : professeur de philosophie

Localisation Ville : Périgueux (24000)
Département : Dordogne
Région : Nouvelle-Aquitaine

Personnes sauvées

Cérémonies

    Date de Cérémonie de reconnaissance: 13 Décembre 2012


    Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


    L'histoire

    Jean VILLOT
     

    Jeanne VILLOT
    En 1940, Génia Ways, veuve d’un ingénieur juif polonais, fut expulsée d’Alsace annexée où elle habitait  avec ses filles : Blanche (26 ans) et Sonia (22 ans) . Elle se replia à Périgueux où le gouvernement de Vichy l’avait assignée à résidence.

    Elève en terminale au lycée, Sonia  fut prise en amitié par Jeanne Villot son professeur de philosophie.

     Les Villot avaient choisi leur camp dès qu’avaient débuté les persécutions antisémites. Catholiques pratiquants, hostiles aux nazis,  c’est eux qui engagèrent les Ways à ne pas se faire recenser comme juives et qui se procurèrent  pour elles de fausses attestations d’appartenance à la religion chrétienne orthodoxe.

    Un cousin policier les prévenait des rafles ; dès que l’une d’elles se préparait, les Villot, faisaient venir chez eux la mère et les deux filles, jusqu’à ce tout danger soit écarté. En juin 1944, ils hébergèrent Sonia plusieurs semaines lorsque celle-ci qui était entrée comme aide-infirmière à l’hôpital, apprit qu’elle figurait sur une liste de personnes recherchées.

    Le 10 Janvier 2012, l’Institut Yad Vashem Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Monsieur Villot Jean et son épouse Jeanne.

     

    Le témoignage

    La Dordogne, terre d’accueil pour des Alsaciens. Cette phrase prend tout son sens humain en analysant le parcours de Sonia WAYS, née le 20 novembre 1918 à Bielsk (Pologne), vivant jusqu’en mai 1939 à Dambach-la-Ville, au nord de Sélestat (Bas-Rhin), avec sa mère, Genia WAYS, née BOJARSKI (1884-1964) et sa sœur aînée, Blanche.

    L’ordre est alors donné de se replier en Dordogne. Un logement est attribué, dans un faubourg de Périgueux, à cette famille dont le père, Haïm, industriel, est décédé en 1936. À la rentrée scolaire d’octobre 1939, Sonia, en terminale, est tout de suite soutenue et protégée par sa professeure de philosophie, Jeanne VILLOT, catholique fervente et hostile aux nazis dont cette dernière a connaissance du danger qu’ils représentent.

    Sonia a des difficultés pour se rendre de son domicile jusqu’au lycée ? Jeanne VILLOT organise une collecte avec les élèves pour lui acheter une bicyclette dont elle se sert toute la durée de la guerre.

    Lorsque l’État français édicte ses lois antijuives, Jean VILLOT, le mari de Jeanne, également professeur de philo au lycée de garçons, conseille avec insistance aux WAYS de ne pas se déclarer comme juives à la préfecture de la Dordogne, à Périgueux. « Ce n’est pas pour vous offrir du chocolat à Noël qu’ils vous le demandent. N’y allez pas ! »

    Jean VILLOT faisait partie d’un réseau de Résistance efficace qui organisa la riposte. Genia WAYS, émotive et parlant difficilement le français, ne devait pas se rendre à la convocation. Elle est devenue orthodoxe russe, grâce à l’aide apportée par un prêtre, Jean Marie SIGALA, et par l’évêché de Strasbourg replié en Dordogne, fausse attestation à l’appui.

    Sonia WAYS est alors chargée de porter ce document au commissariat de Périgueux à un fonctionnaire complice, cousin de Jeanne VILLOT. Cette épreuve passée permet aux trois femmes de ne pas être inquiétées durant un certain temps.

    Ce cousin, M. DESCHAMPS, alertait au moindre danger Jeanne VILLOT : « Tu préviendras tes amis ». Les trois femmes étaient alors hébergées chez les VILLOT, qui avaient pourtant deux enfants en bas âge et qui couraient un grand danger. Jusqu’à ce que M. DESCHAMPS avertisse que le danger était momentanément écarté.

    Plus tard, travaillant comme aide-infirmière à l’hôpital de Périgueux, Sonia WAYS voit arriver deux Français accompagnant un officier allemand en uniforme. Allant au devant d’eux, elle constate que, sur la liste des personnes recherchées qu’ils produisent, figure son nom. Sans se démonter, elle les oriente vers le bureau de la mère supérieure, qui dirigeait l’hôpital. Elle s’enfuit par une fenêtre du premier étage et court se réfugier chez Jeanne VILLOT, où elle reste cachée durant un mois, jusqu’à ce que M. DESCHAMPS lui dise que le danger est passé.

    Jeanne VILLOT a montré que sa dénonciation du nazisme et de nazis en cours de philosophie – ce qui nécessitait un grand courage – s’accompagnait de gestes concrets et désintéressés pour ne pas laisser les WAYS, et Sonia en particulier, entre leurs griffes.

    Jean et Jeanne Villot

    Jean et Jeanne Villot

    Jean-Pierre Marie Villot ayant droit et mme Simonet enfant caché

    Mme Simonet Sonia enfant cachée

    Documents annexes

    Histoire du sauvetage Histoire du sauvetage
    3 septembre 2014 11:29:43
    Article de presse Article de presse
    1 janvier 2014 09:31:37
    Invitation  cérémonie Villot Invitation cérémonie Villot
    14 décembre 2012 16:21:00

    Articles annexes

    Aucun autre article