Dossier n°12660

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Les Justes

Année de nomination : 2013
Jacqueline Prandi Apard
Année de nomination : 2013
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : secrétaire municipale

Localisation Ville : Oulches (36800)
Département : Indre
Région : Centre-Val de Loire

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Zilla Cahn était née en 1940. Ses parents étaient Julius et Yohanna Cahn. Zilla avait un frère aîné prénommé Eric et la famille vivait à Mannheim en Allemagne. En 1940, la famille Cahn fit partie des quelques 2000 Juifs de Mannheim déportés dans le camp d’internement de Gurs dans le sud de la France. En 1942, Julius et Yohanna furent arrêtés et déportés à Auschwitz, où Yohanna mourut. Julius réussit à survivre et ne revint qu’après la Libération.

Quand leurs parents furent déportés, Eric et Zilla furent pris en charge par l’OSE (Oeuvre de Secours aux Enfants) qui faisait sortir clandestinement des enfants de Gurs et les plaçait dans différentes familles où ils étaient cachés. Zilla fut envoyée chez Jacqueline Prandi, à Oulches dans le département de l’Indre, où Jacqueline était secrétaire de mairie.

Jacqueline et son mari étaient des membres actifs de la Résistance. Ils fabriquaient des faux papiers d’identité pour tous ceux qui en avaient besoin et trouvaient des familles pour héberger et cacher des enfants juifs. Zilla avait été placée chez les Prandi afin qu’ils lui trouvent une famille pour l’héberger en toute sécurité, mais en voyant ce bébé de vingt mois, Jacqueline décida qu’elle pouvait et devait la garder. Elle falsifia le certificat de naissance en francisant le prénom de Zilla en Cécile et emmena l’enfant chez elle.

En plus de ses nombreuses activités pour aider les Juifs, Jacqueline s’occupa de Zilla jusqu’à la fin de la guerre. Elle la choya comme sa propre fille, se chargea de son éducation et assuma tout financièrement. En hébergea Zilla, Jacqueline prenait de grands risques d’autant plus qu’elle était impliquée dans la Résistance. Par mesure de sécurité et afin de ne pas attirer l’attention sur eux, les Prandi emmenaient Zilla à l’église tous les dimanches.

Après la Libération, Julius revint des camps et alla chercher sa petite fille. La séparation entre Zilla et Jacqueline fut douloureuse, déchirante. Jacqueline rendit Zilla à son père. La famille Cahn repartit vivre en Allemagne jusqu’en 1950. Zilla et Eric furent envoyés aux Etats-Unis dans la famille de leur mère. Zilla resta en contact étroit avec Jacqueline. Elle resta toujours extrêmement reconnaissante à cette femme extraordinaire qui lui avait sauvé la vie.

En 1983, longtemps après la guerre, Zilla écrivit à Jacqueline: « Je pense que c’est vous et vous seule que je dois remercier pour m’avoir sauvé la vie. Vous m’avez sauvée la vie au sens littéral mais aussi psychologiquement, par votre amour… Vous avez fait ce que peu de personnes faisaient à cette époque ».

Le 21 août 2012, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Madame Jacqueline Prandi.

Jacqueline Prandi et Zilla Cahn en 1941

Jacqueline Prandi et Zilla Cahn en 1983

Jacqueline Prandi et Zilla Cahn et son fils en 1982

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