Dossier n°12752

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Les Justes

Année de nomination : 2014
Henriette Renelle Arnaud
Année de nomination : 2014
Date de naissance : 23/07/1900
Date de décés : 28/11/1980
Profession : Sans profession

Localisation Ville : Laragne-Monteglin (5300)
Département : Hautes-Alpes
Région : Provence-Alpes-Côte d’Azur

Personnes sauvées

Cérémonies

    Date de Cérémonie de reconnaissance: 12 Février 2015


    Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


    L'histoire

    RENELLE Henriette
    Les parents de Simon DINER sont originaires de Bessarabie, qui en 1918 intègre la Roumanie.

    Slioma DINER est né en mai 190O à Kichinev. Soibléa CEAPLIK est née en janvier 1901 à Bender Tighina.
    Ils font connaissance à Vienne en faisant des études d’ingénieurs chimistes. Ils séjournent à Prague et Brno avant d’émigrer à Paris au début des années 30. Ils se marient à la synagogue de la rue Pavée en juin1930. Ils habitent place Daumesnil Paris 12ème. Slomia DINER est ingénieur chimiste à la société DUCO appartenant au groupe américain Dupont de Nemours. Il a pour collègue Victor RENELLE. Cette société, située à Stains, dans la banlieue parisienne, fabriquait des peintures et vernis.
    Au début de la guerre, la société Duco ouvre une succursale à Castres dans la Tarn. Le 22 octobre 1941, Slioma DINER, juif étranger, est interné au camp de Drancy à la suite de la rafle effectuée par la police française dans le 11ème arrondissement de Paris. Transféré au camp de Compiègne, il est déporté à Auschwitz par le convoi N° 1 le 27 mars 1942. Il y est assassiné. Le 5 octobre 1940, Victor RENELLE est arrêté par la police française pour reconstitution de syndicat CGT dissous. IL est conduit à Clairvaux, puis au camp de Châteaubriant (Loire Inférieure). Il refuse de se mettre au service de l’ennemi, ce qui aurait permis sa libération. Il est fusillé le 22 octobre 1941 à Châteaubriant avec d’autres otages, dont Guy Moquet, en représailles à l’exécution du Feldkommandant Hotz par des Résistants communistes.
    Son épouse, Henriette Renelle se retire dans son village natal des Hautes Alpes, LARAGNE-MONTÉGLIN. Avant de partir elle confie sa nouvelle adresse à Madame Diner lui offrant de l’aider en cas de besoin. Mme Renelle et Mme Diner se connaissent comme épouses de collègues. Après les rafles de juillet 1942, il devient urgent de se cacher. 
    La Société Duco se conduit de manière exemplaire. Elle soutient Mme Diner en continuant à lui verser le salaire de son mari pendant toute la guerre. Elle organise son passage en zone libre pour rejoindre Castres tout en prenant en charge le petit Simon âgé de 7 ans. Il est dans un premier temps placé dans une pension de Montmorency sous la garde d’amis. Puis le directeur de la société Duco, le confie à l’un de ses ingénieurs M. Bokanowski qui, le faisant passer pour son fils, l’accompagne à Toulouse. C ‘est à Toulouse que Soibléa Diner récupère Simon. Les Allemands ont envahi la zone libre. La situation y devient dangereuse. Mme Diner fait appel à Henriette Renelle.
    Sans hésiter, Mme Renelle se rend à Castres pour chercher Mme Diner et Simon. Elle prend ce risque malgré les difficultés de communication et les contrôles allemands. Dans un premier temps, elle conduit ses protégés à Marseille chez ses s?urs, puis dans sa maison, située dans le petit village de Laragne, où ils arrivent en janvier 1943. Ils sont présentés comme la famille d’un prisonnier de guerre détenu en Allemagne.
    Par la suite Mme Diner trouve un logement indépendant. Les habitants, les gendarmes, restent discrets. Simon va à l’école, il garde son identité. Son instituteur M. Pourpre a parfaitement compris la situation.En août 1945 la région est libérée, Simon et sa mère rentrent à Paris. Ils récupèrent leur appartement vidé de tous ses biens. En 1945, Soibléa Diner trouve un emploi dans la société française Duco.
    Henriette RENELLE a bravé les incertitudes de sa situation personnelle pour venir chercher, en traversant la zone Sud de la France, Mme Diner et son fils. Elle les a accueillis spontanément chez elle, leur permettant d’échapper aux Allemands. La société Duco, l’ensemble de la population de Laragne, par son silence, ont participé au sauvetage de Slioma Diner et de Simon son fils.

    Le 29 Janvier 2014, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Justes parmi les Nations à Madame Henriette Renelle. 


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    Mis à jour il y a 11 mois.