Dossier n°1283 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1978

Maria Gesse

Année de nomination : 1978
Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession :

Pierre Gesse

Année de nomination : 1978
Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession : Sous-Préfet de Dordogne, Haut fonctionnaire au Ministère de l’Intérieur

    Localisation Ville : Saint-Séverin-d’Estissac (24190)
    Département : Dordogne
    Région : Nouvelle-Aquitaine

    L'histoire

    Marie Gesse
     

    Pierre Gesse

    Pendant l’Occupation, Pierre Gesse, haut fonctionnaire au ministère de l’intérieur à Paris, habitait dans la banlieue nord. Helga Schrira, une juive née en Russie, était médecin généraliste à Garges-les-Gonesse. Son mari, comptable, prenait le train tous les jours pour aller travailler à Paris. C’est ainsi qu’il rencontra Pierre Gesse, qui faisait le même parcours. En juin 1942, Pierre Gesse alla rendre visite à un ami qui se trouvait être un voisin des Schrira. Comme il était absent, il alla attendre son retour chez eux. Dans le courant de la conversation, il se déclara écoeuré par le régime d’Occupation et dit qu’il avait demandé son transfert à la préfecture de Périgueux, car il avait une propriété à Saint-Séverin d’Estissac, en Dordogne, c’est-à-dire en zone sud. Les Schrira le prièrent d’emmener leur fille de dix ans, Claire. Il accepta immédiatement, expliquant que du fait de ses fonctions il disposerait d’un compartiment particulier, et présenterait la fillette comme sa fille. Claire Schrira passa près d’une année dans la propriété des Gesse. Elle fut rejointe en août 1942 par ses parents qui avaient réussi à franchir la ligne de démarcation. Pierre Gesse, alors sous-préfet de la Dordogne, avait « classé » le dossier des Schrira et fourni de faux-papiers à toute la famille. Claire commença à fréquenter l’école du village; le sentiment général était que la chance avait souri aux Schrira. La famille décida néanmoins de quitter Saint-Séverin pour Lyon, où M. Schrira espérait trouver du travail. Arrêté, il fut déporté à Auschwitz où il périt. Sans demander la moindre contrepartie, Pierre et Maria Gesse, catholiques pratiquants, avaient pris de grands risques pour sauver les Schrira – Pierre aurait pu, à tout moment, être trahi par l’un de ses collègues. Après la guerre, Claire reprit contact avec les Gesse; installée en Israël, elle vint les voir à chacune de ses visites en France.

    Le 20 janvier 1978, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Pierre et Maria Gesse le titre de Juste parmi les Nations.

     

    Documents annexes

    Article de presseArticle de presse
    10 février 2018 08:47:55

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