Dossier n°12833 - Juste(s)

Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)


Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2014

Louis Brunet

Année de nomination : 2014
Date de naissance : 21/11/1878
Date de décés : 03/08/1945
Profession : Retraité

Clotilde Brunet Couderc

Année de nomination : 2014
Date de naissance : 21/12/1886
Date de décés : 17/03/1966
Profession : Femme au foyer

Localisation Ville : Neuville-sur-Saône (69250)
Département : Rhône
Région : Auvergne-Rhône-Alpes

L'histoire

Joseph et Rachel Ambroso, originaires d’Algérie, arrivent en France en 1927 et s’installent à Lyon. Ils ont trois filles : Suzie née en 1928, Yvette en 1933 et Odette en 1939. La famille continue à habiter dans son appartement après la déclaration de la guerre car Lyon se trouve en “zone libre” sous le gouvernement de Vichy. Le nom Ambroso sonne comme un nom italien et permet de cacher l’origine juive de la famille.

En 1943, les Ambroso doivent faire apposer la lettre “J” en rouge sur leurs papiers d’identité, comme tous les autres Juifs. Joseph, qui est représentant de commerce voyage beaucoup et est souvent absent laissant sa femme Rachel seule à la maison avec les enfants. Quand les arrestations de Juifs s’amplifient dans la région, Rachel décide de chercher une cache pour Yvette et Odette. Grâce à l’aide d’une connaissance, elle envoie les fillettes chez Louis et Clotilde Brunet qui demeurent dans la petite ville de Neuville-sur-Saône dans le département du Rhône.

Yvette et Odette sont accueillies avec beaucoup d’affection par Louis et Clotilde Brunet. Elles sont traitées comme les propres filles des Brunet et on leur donne une chambre dans la maison. Elles vont à l’école sous leur vrai nom puisque le nom Ambroso ne ressemble pas à un nom typiquement juif. Les fillettes sont présentées comme des enfants de religion protestante venant de la ville pour se refaire une santé à la campagne.

Rachel Ambroso reste chez elle avec sa fille aînée Suzie. A plusieurs reprises, elle réussit à rendre visite à ses deux cadettes chez les Brunet, mais ces déplacements sont dangereux et présentent des risques. A chaque visite, elle apporte un petit cadeau aux Brunet car le couple refuse toute récompense pour son courage à héberger deux fillettes juives. Les Brunet n’ont jamais hésité ou regretté le risque pris et ils ont gardé Yvette et Odette en assurant leur sécurité jusqu’à la Libération de la région.

Après la guerre, par chance, toute la famille Ambroso réussit à survivre, se trouve à nouveau réunie et retourne vivre à Lyon. Yvette et Odette ont gardé une relation très amicale avec Louis et Clotilde Brunet pendant de nombreuses années après les événements. Raymonde, la fille des Brunet est toujours en contact avec la famille Ambroso.

 

Le 27 mai 2014, l’Institut Yad Vashem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Monsieur Louis Brunet et à son épouse Madame Clotilde Brunet.

 

Louis et Clotilde BRUNET avec leur fille Raymonde en 1942

Madame LEPOIX Fille des Brunet

Mme Lepoix et ses trois enfants

Documents annexes

Discours de Christèle, arrière-petite-fille de Louis et Clotilde BRUNET Discours de Christèle, arrière-petite-fille de Louis et Clotilde BRUNET
5 janvier 2018 09:04:55

Articles annexes

Aucun autre article