Dossier n°12907 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Samuel Dejour

Année de nomination : 2014
Date de naissance : 16/03/1898
Date de décès : 07/01/1983
Profession : Agriculteur

Noémie Dejour Frachon

Année de nomination : 2014
Date de naissance : 03/07/1898
Date de décès : 07/04/1985
Profession : Agricultrice

Marthe Royer

Année de nomination : 2014
Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession :
    Localisation Ville : Chalençon (07240)
    Département : Ardèche
    Région : Auvergne-Rhône-Alpes

    L'histoire

    Chil Herz Baumel et son épouse Fajgla sont nés en Russie. Chil émigre de Pologne en Belgique en 1929 et Fajgla en 1930. Ils se marient en juillet 1931 à Bruxelles. Leur fils Jean naît en 1933. Chil exerce le métier de tailleur. A la suite de l’invasion de la Belgique par les troupes allemandes en mai 1940, la famille quitte le pays pour aller en France. Le 15 mai 1940, elle arrive à Saint-Sauveur du Montagut en Ardèche et y reste jusqu’en août 1942. Chil arrive à exercer son métier de tailleur.

    Le 25 août 1942, Chil avec d’autres hommes, est arrêté par la police. Jean et sa mère sont arrêtés avec d’autres femmes et enfants au cours de la rafle de la nuit du 26 août par la gendarmerie locale des Ollières. Ils sont tous internés au camp de Vénissieux. Jean y entrevoit son père, enchaîné, dans un car. C’est le dernier souvenir qu’il a de lui.

    Jean est sauvé avec les 86 autres enfants du camp dans la nuit du 28 au 29 août. Il ne reverra plus sa mère. Il est d’abord caché chez Marthe Royer et Paulette Merland à Saint-Sauveur. Fin octobre 1942, il est conduit avec un autre enfant, Jules Szrajbe, à Montpellier, en vue d’une émigration aux USA. La tentative échoue en raison de l’invasion par les Allemands de la zone libre. Jean reste quelque temps caché à Montpellier, dans un hôpital psychiatrique puis dans une famille pour revenir chez Marthe Royer à Saint-Sauveur.

    Le danger devient de plus en plus palpable à Saint-Sauveur, alors une personne de la communauté protestante qui connait Paulette Merland contacte Samuel Dejour, qui vient chercher l’enfant, fin décembre 1942, et l’emmène dans sa ferme à Prelle, située dans un petit hameau de la commune de Chalençon dans la montagne ardéchoise.

    Samuel Dejour âgé de 44 ans est un ancien combattant de la guerre 14/18. Il est totalement réfractaire au Maréchal Pétain et appartient à un réseau de résistance.

    Samuel et son épouse Noémie ont été profondément indignés par la rafle des femmes et des enfants opérée par la gendarmerie locale. Avec leurs deux enfants, Hélène et Paul, ils le considèrent comme un membre de la famille. Il participe avec plaisir aux travaux de la ferme. Hélène a beaucoup aidé son protégé pour combler son retard scolaire. Jean va à l’école du village d’Allliandre sous son vrai nom. L’instituteur appartient au même réseau de résistance que Samuel et il est secrétaire de mairie ce qui facilite toutes les démarches administratives. Mais les risques étaient réels cars dans la région il y a eu à la suite de délations des opérations de la gestapo qui ont conduit à des déportations, des destructions de maisons et des assassinats.

    En octobre 1944, la région est libérée et l’OSE récupère Jean, l’envoie à Romans puis à l’Ecole Maimonide à Paris pour lui permettre d’entreprendre des études secondaires. Jean Baumel se souvient combien la séparation avec les Dejour a été douloureuse. Il est toujours resté en contact avec eux, notamment avec le fils Paul Dejour et les petits-enfants de Samuel et Noémie.

    Le 25 Novembre 2014, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah,  a décerné à Samuel et Noémie Dejour le titre de Justes parmi les Nations.

    Invitation cérémonieInvitation cérémonie

     




    Mis à jour il y a 9 mois.