Dossier n°12945 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2015

Marie-Louise Cordier Ferrand

Année de nomination : 2015
Date de naissance : 21/06/1913
Date de décés : 01/12/1990
Profession : Sans profession

Localisation Ville : Le Buret (53170)
DĂ©partement : Mayenne
RĂ©gion : Pays-de-la-Loire

L'histoire

Marie Louise Cordier

Herz Mordka Jakubowicz et Cyna Cukierman sont nés tous les deux en 1906 à Tomaszow en Pologne. Ils ont émigré vers 1931 en France, se sont installés à Paris, où ils se sont mariés en 1933. Leurs trois enfants y sont nés : Romain en 1936, Marcel en 1937 et Rosette en 1940. Herz Mordka Jakubowicz a travaillé comme brocanteur, puis comme tailleur avant d’être arrêté sur convocation, le 14 mai 1941 et interné à Beaune-la-Rolande. Il a été déporté le 28 juin 1942 par le convoi N° 5 et assassiné à Auschwitz Birkenau. Cyna Jakubowicz s’est alors retrouvée seule à Paris, parlant très peu le français, démunie avec ses trois enfants en bas âge.

En 1940, après l’exode, dans la Mayenne, de nombreux villages hébergeaient des réfugiés français du Nord et de l’Est de la France. Seuls Juifs au village du Buret, les Jakubowicz se faisaient passer pour des réfugiés polonais catholiques.

Le 16 juillet 1942, lors de la rafle du Vél d’Hiv, sachant que les enfants de moins de deux ans n’étaient pas emmenés, Cyna Jakubowicz a refusé d’être arrêtée et emmenée par les policiers français. Elle a immédiatement cherché à mettre ses trois enfants à l’abri et a trouvé une nourrice dans un tout petit village de la Mayenne, au Buret. Marie-Louise Cordier élevait seule ses cinq enfants. Depuis 1940, son mari Georges Cordier était prisonnier de guerre en Allemagne. En 1945, il reviendra et décèdera des suites des privations et des mauvaises conditions d’internement.

DĂ©but octobre 1942, Marie-Louise Cordier vient chercher Romain, Marcel et Rosette Ă  Paris et les ramène en train chez elle au Buret, se retrouvant avec huit enfants Ă  nourrir. Elle savait qui ils Ă©taient. Elle a protĂ©gĂ© et nourri les trois enfants Jakubowicz jusqu’à la LibĂ©ration en aoĂ»t 1944. Par son courage et sa compassion sans faille, Marie-Louise Cordier a prĂ©servĂ© le secret des origines juives permettant Ă  Cyna Jakubowicz, ses enfants, Romain, Marcel et Rosette, d’échapper – s’ils avaient Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s par Vichy – Ă  une mort certaine, comme ce fut le cas pour Herz Mordka Jakubowicz, le mari de Cyna.

Le 10 février 2015, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Madame Marie-Louise Cordier.

Famille Cordier Georges le 26 Mars 1944 Marie Louise Cordier et ses enfants

Amélie avec ses enfants

Amélie Bruneau avec Roger et André

Auguste Cribier

Eyna Jakubowicz et ses 3 enfants Romain marcel et Rosette au Buret en 1946

Janvier 1933

Joseph Bruneau

Mars 1942 Romain Rosette et Marcel Jakubowicz

Documents annexes

Invitation cérémonie Invitation cérémonie
9 janvier 2018 08:44:22
Article de presse - Ouest france du 14/03/2016 Article de presse – Ouest france du 14/03/2016
25 juillet 2016 17:41:42

Articles annexes