Dossier n°12949

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Les Justes

Année de nomination : 2014
Renée Abel Lafleur
Année de nomination : 2014
Date de naissance : 10/10/1907
Date de décés : 29/07/1980
Profession : Modiste

Localisation Ville : Paris (75011)
Département : Paris
Région : Île-de-France

Lieu de mémoire

Personnes sauvées

Cérémonies

Date de Cérémonie de reconnaissance: 04 Janvier 2016

L'histoire

en 1949, Renée ABEL
Abraham Bekergoun était né à Odessa en 1899 et sa femme Ita née Abel en 1905 également à Odessa. Abraham arrive en 1925 à Paris commence des études supérieures. Il devient ingénieur électromécanicien. Le couple se marie en 1927 et habite jusqu’en juillet 1942  à Paris dans le 11ème arrondissement. Jusqu’en 1940, la famille vit sans problème en épargnant pour l’avenir. Ils ont deux enfants, Robert et Monique.

En 1934 ou 1935, le frère d’Ita, Maurice Abel rencontre Renée Lafleur qui travaille comme modiste et il s’installe avec elle.

Abraham Bekergoun, de par sa profession connaissait avant la guerre des gardiens de la paix au commissariat du 11ème  arrondissement. L’un d’eux le cachera chez lui quand les événements se précipiteront.

Le 16 juillet 1942, à 8 heures du matin, la fille du gardien de la paix se rend au domicile de la famille avec une lettre de son père indiquant qu’une rafle venait de commencer et que les familles juives arrêtées et réunies au gymnase Japy allaient être transférées au Vélodrome  d’hiver. Le gardien de la paix leur demandait de partir immédiatement avec le strict nécessaire chez Renée Lafleur qui habitait en face de chez eux rue Maillard. Elle était de religion catholique, donc la famille serait en sécurité. A partir de cette date, c’est dans le petit appartement de Renée Lafleur, qu’Ita Bekergoun et ses enfants Robert et Monique ainsi que Maurice Abel s’installent. A partir du mois de septembre 1942, les parents de Maurice, Jacques et Pauline Abel viennent aussi se réfugier dans l’appartement.

C’est donc sept personnes qui vivront dans cet appartement, avec les volets fermés, à la merci d’une dénonciation. Les grands-parents Abel ne sortiront de ce petit appartement de deux pièces qu’à la Libération. La concierge de l’immeuble, avertie par Madame Lafleur, filtrait les entrées et parfois empêchait les policiers de perquisitionner.

Seul Robert sortait  pour le ravitaillement. Il était très souvent accompagné de Renée Lafleur qui lui avait donné les papiers de son neveu Claude Lafleur.

Pendant cette période de réclusion, Monique attrapa la coqueluche. Madame Lafleur dut chercher une personne pour faire des piqures à l’enfant. Sa sœur, religieuse en Bretagne, lui conseilla d’aller voir les religieuses d’un couvent du 11ème arrondissement. Celles-ci refusèrent de se déplacer. Ce fut un ami coiffeur qui fit les injections.

Grâce à Madame Lafleur, Robert eut un instituteur qui lui fit faire ses deux premières années de collège et un professeur d’anglais.

En  1942, Abraham Abel décida de passer la ligne de démarcation afin de s’y installer et de faire venir sa famille. Malheureusement  il fut pris et transféré à Beaune la Rolande puis à Drancy et déporté par le convoi N° 21 le 19 août 1942 à Auschwitz où il fut assassiné.

Le  24 novembre 2014, lYad Vashem, Institut International pour la Mémoire de la Shoah a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Madame Renée Abel née Lafleur.

Renée Abel

Renée Abel en 1977

Renée Abel avec sa fille

Monique Bekergoun

Documents annexes

Invitation cérémonie Invitation cérémonie
4 janvier 2018 09:18:10

Articles annexes

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