Dossier n¬į12971 - Juste(s)

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Les personnes reconnues ¬ę Justes parmi les Nations ¬Ľ re√ßoivent de Yad Vashem un dipl√īme d'honneur ainsi qu'une m√©daille sur laquelle est grav√©e cette phrase du Talmud : ¬ę Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ¬Ľ. Il s‚Äôagit de la plus haute distinction civile de l‚Äô√©tat d‚ÄôIsra√ęl. Au 1er janvier 2021, le titre avait √©t√© d√©cern√© √† 27921 personnes √† travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais ferm√© car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de t√©moignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanit√©. En effet, tous ont consid√©r√© n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de mod√®les aux nouvelles g√©n√©rations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Laetizia Carayol Cipollini

Année de nomination : 2014
Date de naissance : 25/02/1890
Date de décés : 07/07/1980
Profession : Poissionnière

L'histoire

                                                                                                                   La famille  Carayol avec Laetizia au centre


Albert Cohen est n√© √† Constantinople en 1897. En 1919, il vient √©tudier le droit en France et obtient son doctorat. Il rentre en Turquie o√Ļ il s’installe comme avocat √† Constantinople. L’arriv√©e de Mustapha Kemal en 1922 l’effraye et fin 1922, il fuit la Turquie pour immigrer en France. Bertha Braun est n√©e √† Istanbul en 1915, dans une famille juive originaire d’Autriche-Hongrie. En 1933, elle s‚Äôinstalle en France.

Albert Cohen et Bertha Braun se rencontrent √† Paris en 1935 et se marient. Leur fils Edmond na√ģt en 1936 et sa famille, autrement dit son p√®re, sa m√®re, un oncle et ses grands-parents, vivent tous ensemble dans le m√™me grand appartement en location, rue Saint-Lazare √† Paris, qui sert aussi de local professionnel au p√®re.

Le statut de Juifs turcs donne un sentiment de relative sécurité à la famille. La promulgation des lois antijuives, le début des arrestations en 1941 et surtout la rafle du 16 juillet 1942 incitent Albert Cohen à aller chercher un lieu en sécurité en zone dite libre. En juillet 1942, avec un ami, il va Lamalou-les-Bains, une petite ville de l’Hérault. En mai 1943, Albert Cohen se réfugie en zone italienne à Megève.

En septembre 1943, lorsque Mussolini est renvers√©, Albert Cohen comprend que les Allemands vont envahir cette zone et d√©cide de retourner √† Lamalou-les-Bains. La famille loue un appartement chez Monsieur Hugounenq. D√©but 1944, celui-ci leur annonce que la Gestapo va s‚Äôinstaller √† Lamalou, qu‚Äôelle demande des renseignements sur les Juifs et qu‚Äôils doivent fuir. Par chance, il conna√ģt une poissonni√®re, Laetizia Carayol, √† H√©r√©pian, pr√®s de Lamalou. C‚Äôest une personne s√Ľre, patriote et vraie chr√©tienne. Les Cohen partent √† pied, au milieu de la nuit. D‚Äôorigine italienne, Laetizia a √©pous√© Monsieur Carayol et le couple a eu cinq fils et une fille. Laetizia Carayol a perdu son mari et son fils a√ģn√© avant la guerre. Un autre de ses fils est prisonnier des Allemands. Un autre combat dans l‚Äôaviation des FFI. Elle re√ßoit les Cohen en indiquant qu’elle ne peut pas les abriter tous car, en plus de sa propre famille, elle cache d√©j√† deux Juifs.

Laetizia Carayol a une cousine et amie Gabrielle Gasset qui les recueille, alors qu‚Äôelle ne les conna√ģt pas, et les cache au premier √©tage de sa maison. Les Cohen vivent avec les fen√™tres et les volets ferm√©s et doivent parler √† voix basse. Madame Gasset ach√®te de la nourriture au march√© noir comme si c’√©tait pour elle.

Au bout de deux mois, Edmond souffre d‚Äôasthme. On l‚Äôinstalle d‚Äôabord chez Madame Gasset puis Madame Carayol recueille l‚Äôenfant. Pour ne pas √©veiller les soup√ßons, on lui apprend √† aller chaque dimanche √† l’√©glise. Le 15 ao√Ľt 1944, intervient le d√©barquement alli√© en M√©diterran√©e¬†et la famille Cohen peut sortir de sa clandestinit√©.

Pour Edmond Cohen, les femmes qui les ont h√©berg√©s l’ont fait sans autre contrepartie. Leurs motivations ont √©t√© par pure charit√© chr√©tienne m√™l√©e de patriotisme et de r√©sistance √† l’occupant.

Le 16 décembre 2014, Yad Vashem РInstitut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Madame Laetizia Carayol.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Documents annexes

Invitation cérémonie Invitation cérémonie
9 janvier 2018 07:49:32

Articles annexes