Les Justes
Alexandre Simiot
Année de nomination : 2016Date de naissance : //
Date de décès : 11/0001/
Profession : Commerçant
Suzanne (Rohmer) Simiot
Année de nomination : 2016Date de naissance : 07/01/1897
Date de décès : 19/08/1985
Profession : Commerçante
Département :
Région :
Personnes sauvées
Cérémonies
L'histoire

Alexandre et Suzanne Simiot
Meyer et Chaja Frydman sont originaires de Pologne. Ils habitent boulevard Exelmans dans le XVIeme arrondissement de Paris. Meyer est tailleur. Le couple a une fille unique, Madeleine.
L’enfance heureuse et insouciante de Madeleine bascule brutalement le 16 juillet 1942, jour de la rafle du « Vel d’Hiv ». La police française, sur ordre des nazis, arrête des familles juives à Paris, qui sont conduites au Vélodrome d’Hiver. Après quelques jours de confusion totale, les familles avec enfants sont transférées au camp d’internement de Beaune-la-Rolande, dans le Loiret. C’est là que Madeleine voit sa mère pour la dernière fois. Chaja Frydman est déportée par le convoi n° 15 du 5 août 1942.
En raison d’une épidémie de diphtérie, plusieurs enfants, dont Madeleine, sont transportés à l’hôpital local, où les religieuses font tout leur possible pour les garder aussi longtemps que possible. À ce moment-là, les enfants ignorent que les autres internés ont été transférés à Drancy avant d’être déportés à Auschwitz.
Une fois encore, Madeleine est épargnée. Elle est envoyée dans un centre pour enfants, où Alexandre et Suzanne Simiot, qui connaissent la famille Frydman, viennent la chercher. Madeleine ignorera toujours comment ils ont appris où elle se trouvait.
Alexandre Simiot a été blessé pendant la Première Guerre mondiale. Avec son épouse Suzanne, ils habitent au 158 avenue de Versailles et il gagne sa vie en vendant des tissus sur le marché de l’avenue de Versailles, dans le XVIᵉ arrondissement de Paris. Alexandre pousse la charrette et installe les tables, tandis que Suzanne s’occupe de la vente. Leur modeste foyer se compose de deux petits appartements : l’un comprend une salle de séjour et l’autre, deux chambres à coucher.
Alex Simiot, leur fils aîné, passe les années de guerre comme prisonnier en Allemagne. Avant la guerre, son frère Pierre était entré en apprentissage comme tailleur dans l’atelier de Meyer Frydman. Au fil des années, leur relation avait dépassé celle de patron à employé et une profonde amitié s’était nouée entre eux. Pour Madeleine, Pierre est le grand frère qu’elle aurait toujours voulu avoir.
Malgré leurs revenus très modestes, les Simiot élèvent également leur nièce Paulette, qui protège et veille sur Madeleine comme une grande sœur. Les Simiot ouvrent ainsi à Madeleine non seulement leur foyer, mais aussi leur cœur.
Présentée à la directrice de l’école du Parc des Princes comme une petite cousine venue d’Alsace, Madeleine peut poursuivre sa scolarité. Pendant les vacances, elle passe l’été chez des cousins dans les Landes.
À la fin de la guerre, lorsqu’il devient évident que les parents de Madeleine n’ont pas survécu, Alexandre et Suzanne Simiot sont nommés ses tuteurs. Ils honorent ainsi une promesse faite à Meyer Frydman qui, avant sa déportation, avait pu apprendre que sa fille avait été sauvée.
Madeleine demeure chez les Simiot jusqu’en 1949. Elle part alors en Angleterre comme jeune fille au pair. Par la suite, elle travaille au bureau du conseiller commercial à Londres. C’est là qu’elle rencontre son futur mari, Gregory. Ils se marient à Paris, entourés de toute la famille Simiot.
En 1958, le couple part s’installer aux États-Unis, tout en restant en contact étroit avec les Simiot et leurs descendants. Madeleine leur doit non seulement la vie, mais aussi les heureuses années qu’elle a pu connaître comme épouse, mère et grand-mère.
Le 5 avril 2016, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem décerne à Alexandre Simiot et à son épouse Suzanne le titre de Juste parmi les Nations.

Documents annexes
| Invitation cérémonie 24 janvier 2018 09:52:50 |
Articles annexes
Aucun autre article

