Les Justes
Maurice Guidi
Année de nomination : 2016Date de naissance : 11/02/1885
Date de décès : 02/04/1965
Profession : Journaliste
Gabrielle (Parillaud) Guidi
Année de nomination : 2016Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession : Concierge
Louis Guidi
Année de nomination : 2016Date de naissance : 30/11/1913
Date de décès : 02/10/1985
Profession : Cycliste de presse
Département : Paris
Région : Ile-de-France
Lieu de mémoire
Personnes sauvées
Lieu porteur de mémoire
Cérémonies
L'histoire

Gabrielle Guidi
Simon Sztikman et son épouse Paulette sont d’origine polonaise. Ils se marient à Paris en 1932. Simon Sztikman est mécanicien-tailleur. Le couple habite au troisième étage du 54, rue de Bondy (aujourd’hui rue René-Boulanger), dans le IIᵉ arrondissement de Paris. Ils ont deux filles : Ginette, née en 1932, et Raymonde, née en 1937.
Le 14 mai 1941, Simon Sztikman est convoqué pour un « examen de situation » par le biais du « billet vert ». Il est envoyé dans un camp du Loiret, puis déporté à Auschwitz le 15 juillet 1942 par le convoi n° 2, où il est assassiné.
Le soir du 15 juillet 1942, Paulette Sztikman demande à sa voisine du quatrième étage de l’héberger avec ses filles. Toutes trois échappent ainsi à la rafle. Une autre voisine, Madame Farkas, juive autrichienne, ne s’est volontairement pas fait inscrire comme juive au commissariat. Son fils, Ludovic, accompagne Paulette Sztikman, Ginette et Raymonde au 59, rue Montmartre, où le frère de Madame Farkas dispose d’un local.
Gabrielle Guidi est la concierge de l’immeuble. Elle y habite avec son mari Louis, d’origine italienne, qui travaille de nuit dans l’imprimerie d’un journal, et leur fils Louis Robert, porteur de journaux, qui dispose d’une chambre indépendante. La famille accepte sans hésiter d’héberger Paulette Sztikman et ses deux filles, alors en fuite. Louis Robert cède spontanément sa chambre aux trois réfugiées et dort sur un canapé chez ses parents.
Louis Guidi se rend dans l’appartement des Sztikman, brise les scellés et transporte, à l’aide d’un diable, autant d’affaires qu’il le peut, notamment la machine à coudre. Pendant leur séjour chez les Guidi, Paulette et ses filles doivent éviter de faire du bruit afin de ne pas éveiller les soupçons des voisins. Monsieur et Madame Guidi les nourrissent et veillent sur elles. Ginette Sztikman, alors âgée de dix ans, vit dans la peur. Les Guidi font leur possible pour rassurer les deux enfants.
Un an plus tard, Gabrielle Guidi présente les fillettes comme ses nièces et les inscrit, sous le nom de Guidi, à l’école de la rue Jussienne. Elle obtient également pour elles des cartes d’alimentation établies au nom de Guidi. Les Sztikman, qui ne devaient initialement rester que quelques jours, demeurent finalement sous la protection de la famille Guidi pendant deux ans.
Après la Libération, Gabrielle Guidi procure à Paulette une chambre de bonne dans l’immeuble, en attendant qu’elle puisse récupérer son appartement. Par la suite, des liens étroits continuent d’unir les deux familles.
Le 2 août 2016, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah décerne à Louis Guidi, à son épouse Gabrielle et à leur fils Louis Robert Guidi le titre de Juste parmi les Nations.
Articles annexes

