Dossier n°13294 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2016

Maurice Guidi

Année de nomination : 2016
Date de naissance : 11/02/1885
Date de décés : 02/04/1965
Profession : Journaliste

Gabrielle Guidi Parillaud

Année de nomination : 2016
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Concierge

Louis Guidi

Année de nomination : 2016
Date de naissance : 30/11/1913
Date de décés : 02/10/1985
Profession : Cycliste de presse

Localisation Ville : Paris (75002)
DĂ©partement : Paris
RĂ©gion : ĂŽle-de-France

Lieu de mémoire

L'histoire

Gabrielle Guidi
Simon Sztikman et son épouse Paulette sont d’origine polonaise et se sont mariés à Paris en 1932. Simon Sztikman est mécanicien tailleur. Ils habitent rue Bondy et ont deux filles, Ginette née en 1932 et Raymonde née en 1937.

Le 14 mai 1941, Simon Sztikman est convoqué pour examen de situation par le « billet vert ». Il est envoyé dans un camp du Loiret et déporté le 5 juin 1942 par le convoi N° 2 à Auschwitz où il est assassiné.

Le soir du 15 juillet 1942, Paulette Sztikman demande à sa voisine de l’héberger avec ses filles. Elles échappent à la rafle. Une autre voisine, Madame Farkas, juive autrichienne ne s’est volontairement pas fait inscrire comme juive au commissariat. Son fils Ludovic accompagne Paulette Sztikman, Ginette et Raymonde rue Montmartre, où le frère de Madame Farkas dispose d’un local. Gabrielle Guidi est concierge de l’immeuble. Elle y habite avec son mari Louis qui travaille de nuit dans l’imprimerie d’un journal et son fils Louis Robert qui est porteur de journaux et dispose d’une chambre indépendante. Cette famille accepte sans hésiter d’héberger Madame Sztikman, en fuite. Louis Robert dort chez ses parents sur un canapé. Il cède sa chambre aux Sztikman.

Louis Guidi se rend à l’appartement des Sztikman, brise les scellés, transporte le maximum de choses sur un diable, dont la machine à coudre. Les Sztikman ne doivent pas faire de bruit afin de ne pas éveiller les soupçons des voisins. Monsieur et Madame Guidi les nourrissent. Ginette Sztikman qui a dix ans vit dans la peur. Les Guidi rassurent les enfants.

Un an plus tard, Gabrielle Guidi, présentant les fillettes comme ses nièces, les inscrit sous le nom de Guidi à l’école de la rue Jussienne et utilise des cartes d’alimentation pour les fillettes au nom de Guidi. Les fillettes prennent leurs repas chez Madame Guidi. Les Sztikman restent sous la protection des Guidi pendant deux ans.

Après la Libération, Madame Guidi procure à Madame Sztikman une chambre de bonne, dans l’immeuble, en attendant qu’elle puisse récupérer son appartement. Des liens étroits ont continué à unir les deux familles.

Le 2 août 2016, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Monsieur Louis Guidi, à son épouse Madame Gabrielle Guidi et à leur fils Louis Robert Guidi.

Louis Guidi

Documents annexes

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