Les Justes
Marcelle (Bauer) Galligazon
Année de nomination : 2017Date de naissance : 12/09/1908
Date de décès : 24/04/1998
Profession : Employée de Mairie
Département : Paris
Région : Ile-de-France
Lieu de mémoire
Personnes sauvées
Cérémonies
L'histoire

Marcelle Galligazon
Robert Mazuras, artisan bijoutier, arrive en France en 1928. Il épouse Paulette en 1934. Le couple s’installe au 13, rue des Francs-Bourgeois, dans le 4ᵉ arrondissement de Paris, avec leurs deux enfants, Yvette et Jean.
Au début de la guerre, Robert s’engage dans le 22ᵉ Régiment de marche de volontaires étrangers (22ᵉ RMVE). Fait prisonnier dans la Somme lors de la bataille de Misery, le 6 juin 1940, il est interné dans un stalag en Autriche. Paulette doit alors assumer seule la charge du foyer. Face au danger grandissant à Paris, elle prend la douloureuse décision de mettre temporairement ses enfants à l’abri en province. Enceinte de Liliane, elle donne naissance à sa fille pendant l’exode, en juillet 1940. À la fin du mois d’août, la famille revient à Paris.
Le 16 juillet 1942, lors de la rafle du Vél’ d’Hiv, le frère aîné de Paulette est arrêté avec son épouse et leur fils Daniel, âgé de six ans. Comprenant que les enfants eux-mêmes sont désormais arrêtés et déportés, Paulette décide de cacher les siens et conseille aux autres membres de sa famille d’en faire autant.
L’année précédente, en 1941, à l’occasion d’un séjour de vacances organisé pour les épouses de prisonniers et leurs enfants, Paulette avait fait la connaissance de plusieurs femmes de prisonniers. Elle s’était notamment liée d’amitié avec deux d’entre elles, Angèle Breton et Marcelle Galligazon. Angèle Breton lui avait alors proposé d’accueillir l’un de ses enfants en cas de besoin. Après ce séjour, les trois femmes étaient restées en contact.
Marcelle Galligazon habitait dans le 3ᵉ arrondissement de Paris, à proximité de la famille Mazuras, et travaillait comme employée de mairie. Son statut professionnel au sein de l’administration municipale parisienne lui permettait parfois de faciliter certaines démarches ou certains déplacements sous l’Occupation.
Pour renforcer la protection de ses enfants, Paulette Mazuras décide également de les faire baptiser. Elle est aidée dans cette démarche par André Labatut, une connaissance professionnelle de son mari. Marcel Pigeon, voisin et ami de la famille, devient le parrain de Jean. Henri Labatut, frère d’André Labatut, devient celui d’Yvette, tandis que Jeanne Pierre, femme de ménage de la famille Mazuras, en est la marraine. André Labatut devient le parrain de Liliane et Madame Fonvieille sa marraine. Le baptême a lieu en octobre 1942 à l’église Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux, au cœur du Marais, à Paris.
En novembre 1942, Robert Mazuras est libéré. André Labatut vient le chercher et l’emmène chez lui afin d’éviter qu’il ne soit vu par le concierge de son immeuble. Il lui procure ensuite une chambre rue Darcy, dans le 20ᵉ arrondissement de Paris.
La famille doit désormais organiser la mise à l’abri des enfants. Yvette et Jean Mazuras sont conduits par André Labatut chez Madame Lumineau, à La Braire, en Mayenne, où ils restent cachés pendant plus de deux ans.
Pour Liliane, Paulette se tourne vers Angèle Breton, qui vit à Fougères, en Bretagne, avec son fils Raymond. Son mari étant prisonnier de guerre, elle connaît elle aussi les difficultés auxquelles sont confrontées les familles de prisonniers. Elle accepte immédiatement de recueillir la petite fille.
Pour conduire Liliane en Bretagne, Marcelle Galligazon fait preuve d’audace et met à profit son statut d’employée municipale pour franchir les contrôles policiers dans les gares, présentant le bébé comme sa propre fille. Liliane reste près de deux ans chez Angèle Breton, jusqu’à la Libération de Paris. Angèle la considère comme sa propre fille, tandis que son entourage garde soigneusement le secret sur son identité.
Chaque soir, Angèle montre à Liliane une photographie de sa mère restée à Paris et lui fait lui dire au revoir afin qu’elle ne l’oublie pas. De leur côté, les parents Mazuras reçoivent régulièrement des photographies de leur petite fille. En juillet 1943, Robert Mazuras se rend à Fougères pour revoir Liliane et faire la connaissance de la famille Breton, devenue la famille protectrice de sa fille.
Après le débarquement allié en Normandie, Fougères est bombardée et la famille Breton est évacuée vers Sainte-Anne. Les Mazuras restent alors quelque temps sans nouvelles de Liliane. Dès la Libération de Paris, Robert Mazuras part à sa recherche et gagne Fougères à vélo et en auto-stop. Il retrouve finalement sa fille et décide de la ramener à Paris. Liliane doit alors quitter ceux qui l’ont accueillie, protégée et aimée pendant ces années de clandestinité.
La famille Mazuras, famille juive parisienne, a été durement frappée par les persécutions antisémites sous l’Occupation. Tous les enfants ont néanmoins survécu grâce au courage et à la solidarité de femmes et d’hommes qui, au péril de leur propre sécurité, ont accepté de les cacher et de les protéger.
Le 13 février 2017, Yad Vashem, Institut international pour la mémoire de la Shoah, a décerné à Marcelle Galligazon le titre de Juste parmi les Nations.
Documents annexes
| Invitation Cérémonie |

