Dossier n°13543

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Les Justes

Année de nomination : 2017
Fernande Rousseau
Année de nomination : 2017
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Directrice institution pour enfants

Paul Linossier
Année de nomination : 2017
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Chanoine

Localisation Ville : Grenoble (38000)
Département : Isère
Région : Auvergne-Rhône-Alpes

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2020, le titre avait été décerné à 27712 personnes à travers le monde, dont 4130 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


Paul Linossier credit collYVJ
Le chanoine Paul Linossier et Fernande Rousseau, directrice d’une institution pour enfants à Grenoble, vont sauver Simone et Jeanne Bardy, Claire Beumand, Myriam, Emma et Clarisse Chicheportiche, Fanny Elstein, Liliane Eskanazi, Arlette Feisbosh, Blanche Garfunkel, Charlotte Linger, Berthe Lorelle, Berthe Loffler, Yvette Szafir, Cécile Valmont, Marie Vasserman, Blanche Vinatier et Cécile Waldmann.

La famille Chicheportiche arrive au Château de la Verdière de La Rose.

L’épouse d’Abraham Chicheportiche, Rosine Belara née Ben-Dahan le 29 mars 1907 à Bou Saada en Algérie, prit auprès d’elle ses deux autres plus jeunes enfants pour décharger son mari et lui permettre de continuer à assumer son travail et sa sécurité. Guy (8 ans), Reine (5 ans) et Francine (3 ans) s’installèrent avec elle à la Verdière. Les sœurs aînées, Myriam (14 ans), Emma Chicheportiche (13 ans) et Clarisse (11 ans) furent envoyées par l’OSE (Œuvre de secours aux enfants) dans les Alpes-Maritimes à Saint-Martin-Vésubie. C’est là qu’elles apprirent l’arrestation de leur mère.

Myriam et Emma Chicheportiche rendirent plusieurs fois visite à leur mère :
« Nous allions souvent la voir. Nous prenions le tram qui nous conduisait de chez nous (48, rue Kruger aux Chartreux) à la Rose. Ma mère pouvait sortir aussi. Elle nous mena chez la couturière pour nous confectionner des vêtements avant de repartir à Grenoble pour Emma, et en Ardèche pour moi. Nous avons même couché une nuit avec elle entre le 3 et le 5 octobre 1943. La famille était regroupée dans une même chambre. C’était la veille d’une fête juive. Elle avait fait des gâteaux et même le pain. Nous ne nous souvenons pas des détails ni de l’organisation intérieure. Le lendemain, elle nous a demandé de ramener à la maison les vêtements d’été de nos petits frères et sœurs et de lui rapporter les habits chauds pour l’hiver ».
Les sœurs Chicheportiche racontent :
« Dans le tram qui nous menait à la Rose avec notre valise de vêtements d’hiver que nous apportions à notre mère, nous avons appris qu’il s’était passé quelque chose au “Château”. Nous avons rencontré une amie de Saint-Martin-Vésubie et sa mère qui revenaient de voir maman. Elle nous demanda de ne pas y aller car on venait d’emmener tout le monde. Nous ne l’avons pas écoutée. Nous sommes montées dans la chambre, avons fouillé dans l’armoire pour voir s’il n’y avait pas de message. Il fallait nous presser car un personnel du “Château” nous criait que les Allemands pouvaient revenir. La chambre était comme d’habitude, il y avait tout, notre mère n’avait rien emporté semblait-il. Il y avait les habits, de la nourriture… C’était pareil dans les autres chambres. Nous avons posé les affaires d’hiver et repris quelques effets. Mais tout cela dans la hâte et la peur ».

Rosine est arrêtée en mai 1943, avec le plus jeune de ses enfants, dans les locaux de l’UGIF, rue de la République à Marseille. Dans un premier temps, elle est conduite à la prison Saint-Pierre puis relâchée.
Le 20 octobre 1943, Rosine et ses enfants, Guy, né le 05/12/1935 à Paris, Reine-Yvette, née le 18/02/1938 à Paris, Francine, née le 01/11/1940 à Marseille sont arrêtés parce que juifs. Ils seront déportés sans retour de Drancy à Auschwitz le 28/10/1943 par le convoi n° 61.

le 21 Novembre 2017, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné la médaille des Justes parmi les Nations au Chanoine Paul Linossier et à Madame Fernande Rousseau

Les enfants sauvés credit collYVJ

Lieu du sauvetage collYVJ

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Mis à jour il y a 3 mois.