Dossier n°13578A - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Jeanne-Marie Vanlande

Année de nomination : 2024
Date de naissance : 14/02/1897
Date de décès : 20/01/1958
Profession : Directrice du Préventorim
    Localisation Ville : Saint-Jans-Cappel (59270)
    Département : Nord
    Région : Hauts-de-France

    Personnes sauvées

    Cérémonies

      L'histoire

      Jeanne-Marie Vanlande

       

      Avant la Première Guerre mondiale, Marcel Keizler vivait en Belgique avec sa mère. Son père était décédé plusieurs années auparavant, et sa sœur aînée avait émigré en Palestine en 1938, à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

      Lorsque la guerre éclata en septembre 1939 et que l’Allemagne nazie envahit la Belgique en mai 1940, Marcel et sa mère prirent la fuite et cherchèrent refuge en France. Ils arrivèrent à Lille, où ils durent d’abord dormir dans la rue. Ils demandèrent leur chemin à une jeune fille de seize ans, qui les orienta vers sa mère, Louise Deligne (nommée Juste parmi les Nations en 2021), une veuve élevant alors quatre de ses six enfants. Louise Deligne accepta de leur venir en aide : elle les hébergea dans la maison d’un voisin et leur fournit de la nourriture.

      Au bout d’un mois environ, Marcel et sa mère retournèrent en Belgique. Cependant, à l’été 1942, dans le cadre de la mise en œuvre de la « Solution finale », les arrestations massives de Juifs commencèrent en Belgique occupée. Marcel, alors apatride, fut visé par ces rafles. Il parvint à se cacher lorsque les autorités se présentèrent dans son immeuble.

      Consciente du danger imminent, sa mère organisa son passage clandestin vers Lille, où il fut de nouveau confié à Louise Deligne. Celle-ci le cacha dans son domicile pendant environ cinq mois, période durant laquelle Marcel ne sortit jamais de la maison.

      Lorsque les voisins commencèrent à soupçonner Louise de cacher un enfant juif, elle demanda à sa fille de faire sortir Marcel pour garantir sa sécurité. Marcel et sa mère errèrent alors dans Lille jusqu’à ce qu’ils prennent contact avec la Croix-Rouge, qui organisa son placement dans un préventorium — un établissement de convalescence pour enfants atteints ou menacés par la tuberculose — situé à Saint-Jans-Cappel, et dirigé par sœur Jeanne Vanlande.

      Dans cet établissement, Marcel reçut pour consigne de ne jamais révéler son identité juive et de participer aux cérémonies religieuses catholiques afin d’éviter tout soupçon.

      Pendant ce temps, sa mère trouva refuge en Belgique. Après la Libération, à la fin de la guerre en 1944-1945, Marcel put enfin la rejoindre.

      Le 16 juillet 2024, Yad Vashem, Institut International pour la mémoire de la Shoah a décerné à Jeanne Vanlande le titre de Juste parmi les Nations.




      Mis à jour il y a 2 jours.