Dossier n°13637 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Léontine Marie (Harscoët) Breuil

Année de nomination : 2018
Date de naissance : 23/09/1901
Date de décès : 31/07/1973
Profession : Concierge
    Localisation Ville : Paris (75006)
    Département : Paris
    Région : Ile-de-France

    Lieu de mémoire

    L'histoire

    Au début de l’Occupation allemande, Oskar Falk et sa famille habitent au 10, rue des Beaux-Arts, dans le VIe arrondissement de Paris. La concierge de l’immeuble est Léontine Breuil. Durant ces années noires, elle vient en aide non seulement à la famille Falk, mais également à d’autres personnes juives. Des liens de confiance et d’estime réciproques se sont tissés entre la famille Falk et Léontine Breuil avant même la guerre.

    Oskar Falk est né en 1902 au sein de la communauté juive de Duppigheim, dans le Bas-Rhin, en Alsace. Il arrive à Paris en 1924 et devient représentant de commerce en mécanographie. Il y fait la connaissance de Maria, née en 1907 à Rouffach, en Alsace, et de confession catholique. Maria tombe enceinte et le couple se marie en 1928 à Paris. Trois enfants naissent de cette union : Paulette en 1928, Michel en 1933 et Danièle en 1940.

    Dès octobre 1940, Oskar Falk tombe sous le coup des lois antisémites du gouvernement de Vichy, tandis que Maria et leurs trois enfants sont considérés comme « aryens ». Refusant de se soumettre aux mesures antisémites, il ne se fait pas recenser comme juif en 1940 et choisit ainsi la désobéissance. En 1942, il ne porte pas non plus l’étoile jaune.

    Le 13 octobre 1942, Oskar est arrêté sur son lieu de travail. Il a été dénoncé pour avoir fourni du matériel de reprographie à un réseau de résistance. Après plusieurs interrogatoires, il est conduit à Drancy, où il reste jusqu’à son transfert au camp de Beaune-la-Rolande en mars 1943. Il s’en évade en juillet 1943, mais est repris par les gendarmes et reconduit au camp de Drancy, puis interné à Cherbourg, d’où il s’évade à nouveau en septembre 1943.

    Il réussit alors à regagner son domicile de la rue des Beaux-Arts, à Paris. Il gagne la cour de l’immeuble, où se trouve l’escalier donnant accès aux caves, et s’y cache. La nuit venue, il frappe à la porte de la loge de la concierge. Léontine Breuil monte aussitôt prévenir Maria.

    Rester à Paris est désormais trop dangereux pour la famille Falk. Léontine procure à Oskar une nouvelle carte d’identité ainsi qu’un lieu de domiciliation en province. Oskar Falk devient désormais Paul Muller. En octobre 1943, il part pour la Nièvre.

    Maria Falk et ses enfants ne sont pas juifs et ne sont donc, en principe, pas susceptibles d’être arrêtés et déportés. Cependant, le risque de voir la police venir les interroger pour tenter de découvrir où se cache le fugitif est bien réel. Maria quitte alors Paris avec ses enfants et se réfugie à Montargis, dans le Loiret, où Oskar leur a trouvé un lieu de refuge. Ils sont accompagnés par Léontine, leur ange gardien.

    Léontine Breuil a également sauvé de l’arrestation, le 16 juillet 1942, les trois enfants Grundman, qui portent l’étoile jaune : Henriette, âgée de 15 ans, Lida, 10 ans, et Jacques, 6 ans. Les rencontrant dans la rue, elle les convainc de ne pas rentrer chez eux, boulevard Saint-Germain, mais de la suivre. Elle vient en effet d’assister à des arrestations de Juifs sur le boulevard et comprend le danger qui les menace.

    Elle cache les trois enfants Grundman dans son ancien appartement de la rue Mazarine, dans le VIe arrondissement de Paris, jusqu’à ce qu’ils puissent être mis en sécurité hors de la capitale. Elle convoie également des enfants juifs vers le nord de la France.

     

    Le 26 mars 2018, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah – décerne à Léontine Breuil le titre de Juste parmi les Nations.

     

     




    Mis à jour il y a 2 semaines.