Dossier n°13826 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Georges Marsaud

Année de nomination : 2019
Date de naissance : 28/10/1901
Date de décès : 22/11/1988
Profession : Cultivateur

Juliette Marsaud Jeanrot

Année de nomination : 2019
Date de naissance : 04/06/1910
Date de décès : 01/01/1993
Profession : Cultivatrice
    Localisation Ville : Sagnat (23800)
    Département : Creuse
    Région : Nouvelle-Aquitaine

    L'histoire

    Juliette et Georges Marsaud

    Noël (Noah) Frydman est né en 1900 à Kamionka en Pologne. Son épouse Idès (Judith) Frydman est née en 1904 à Radzymine en Pologne. Leur fils Jean est né en 1925 à Varsovie, leur fille Chana appelée Renée en 1928 à Varsovie. David naît en 1932 à Lens en France où la famille est venue vivre. La famille Frydman habite avant guerre rue Levert à Paris 20ème, puis plus tard à Issy-les-Moulineaux. Idès est lingère couturière, Noël a une entreprise de lingerie qu’il vend sur les marchés.

    Le 11 novembre 1940, Jean alors âgé de 15 ans participe à la première manifestation estudiantine à Paris contre les Allemands. Deux ans plus tard, il est membre d’un réseau de la Résistance dans la région de Nice. Ayant appris qu’une grande rafle devait être organisée pour les 16 et 17 juillet 1942, il remonte sur Paris puis accompagne ses parents jusqu’en zone libre, ensuite il prend contact avec la Résistance locale.

    Peu avant la rafle des 16 et 17 juillet 1942 qui touche les Juifs de la région parisienne, Noël Frydman reçoit la visite de deux amis policiers dont le commissaire adjoint au commissariat rue Ramponneau Louis Jeanrot, qui l’informent de l’imminence de la vague d’arrestations prévue. Le 15 juillet, les Frydman quittent Paris pour rejoindre la zone « libre ». Ils sont arrêtés après avoir franchi la ligne de démarcation et sont internés dans le camp-château du Doux en Corrèze. Les assignés à résidence doivent payer leur séjour pour pouvoir mener une vie normale. En août 1942, plusieurs pensionnaires du château sont arrêtés et disparaissent emmenés dans des camions. Ils sont vraisemblablement déportés vers Auschwitz Birkenau.

    Jean et David Frydman se souviennent que Monsieur Louis Jeanrot avait donné le nom de sa sœur, Juliette Marsaud habitant à Sagnat dans la Creuse. En septembre 1942, la famille quitte le château du Doux pour s’y installer grâce à l’aide du maire de cette localité, Monsieur Fedon qui demande que Noël Frydman soit assigné à résidence dans le village pour travailler dans une exploitation agricole.

    La famille Frydman arrive à Sagnat en septembre 1942. Le village compte environ 400 habitants. La famille Frydman partage le quotidien de la famille Marsaud, de simples cultivateurs. Renée est pensionnaire au lycée de Guéret, David va à l’école du village où il est le meilleur élève. Une véritable amitié se noue entre Idès Frydman et Juliette Marsaud. En septembre 1943, des miliciens se rendent à Sagnat chez les Marsaud pour demander où se trouve Monsieur Frydman. En fait ils recherchent Jean Frydman pour ses activités de résistant. Cette anecdote montre que les « autorités collaborationnistes » savaient que les Frydman étaient réfugiés chez les Marsaud, leur faisant courir un gros risque d’être arrêtés pour complicité. A partir de ce moment, les Frydman décident de quitter Sagnat pour regagner Paris en trouvant plusieurs cachettes sur le chemin du retour.

    En 1944, Idès Frydman est arrêtée à Paris avec sa sœur lors d’une rafle. Elle est déportée à Auschwitz le 20 mai 1944 par le convoi N° 74. Elle a survécu aux camps allemands et est rapatriée à Paris le 21 mai 1945. Elle a toujours dit que si elle avait tenu le coup dans les camps, c’est parce qu’elle avait connu une autre humanité à Sagnat. La famille Frydman et la famille Marsaud ont entretenu des liens d’amitié très forts après la guerre. La famille Frydman était présente à Sagnat lorsque Georges et Juliette Marsaud sont décédés.

    Le 21 mai 2019, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Monsieur Georges Marsaud et à son épouse Madame Juliette Marsaud.

     




    Mis à jour il y a 12 mois.