Marie Chagnon David
Année de nomination : 2021
Date de naissance : 24/08/1883
Date de décés : 24/04/1988
Profession : Métayère

Localisation Ville : Tercé (86800)
Département : Vienne
Région : Nouvelle-Aquitaine

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Marie Chagnon

Edwige, Jules Marx et leur fils Marcel, juifs mosellans de Sierck les Bains se réfugient à St Georges les Baillargeaux de septembre 1939 à janvier 1944. Craignant pour leur sécurité, ils sont accueillis par une habitante de Tercé, Marie Chagnon qui les héberge jusqu’en septembre 1944 ; elle les sauve ainsi de la rafle du 31 janvier 1944 et de la déportation.

Marie, agricultrice a 11 enfants quand son mari décède en 1937. Veuve, Marie Chagnon ne peut demeurer dans la ferme. Elle s’installe à Tercé, route de St Julien L’Ars, avec quatre de ses enfants toujours à sa charge, les sept autres plus âgés ayant quitté le foyer, Marie Chagnon vit grâce à son travail, notamment la couture, divers travaux domestiques et la culture de son potager.

De fin juin 1940 à mars 1943, la ligne de démarcation coupe Tercé en deux parties, le bourg étant en zone occupée. Les Allemands s’installent à Tercé et réquisitionnent des logements, notamment au n° 1 de la route de St Julien L’Ars pour y installer la « Kommandantur » et au n°16, dans la maison de Maurice Picault, prisonnier de guerre à cette époque, et voisin immédiat de Marie Chagnon.

Malgré la proximité des soldats allemands, elle aide des personnes à passer la ligne de démarcation, par le sud vers Les Chirons ou, plus souvent, par le nord vers Les Petites Brandes. Elle sympathise avec un jeune soldat, connu sous le nom de Georges, d’origine autrichienne, pour lequel elle fait des lessives et de la couture. Il découvre l’activité clandestine de passeur de Marie mais n’en dit rien. Parfois même, il lui indique les heures de patrouille, malgré la crainte de son supérieur.

Le 4 septembre 1939, la famille Marx est évacuée de son domicile.

Elle se réfugie à Saint-Georges-lès-Baillargeaux (Vienne), commune d’accueil de Sierck, avec leur fils Marcel. Mobilisé le 8 juin 1940 au D.G.I. à Versailles, Marcel né en 1920, est démobilisé le 23 août 1940 à Arzack (Basses-Pyrénées), d’où il rejoint le 12ème Groupement des Chantiers de la Jeunesse Française.

Libéré des Chantiers de la Jeunesse Française le 2 novembre 1940 à Uriage (Isère), Marcel rejoint ses parents. Avec 1 600 000 hommes prisonniers de guerre en Allemagne, la France manque de main d’œuvre et Marcel trouve du travail à « la Pile Leclanchée ». Il y fait la connaissance de Madeleine Chagnon, fille de Marie Chagnon. Elle travaille à « La Pile » avec sa jeune sœur, Lucienne, depuis 1940.

Durant la guerre, Marcel Marx rend plusieurs fois visite à la famille Chagnon à Tercé. Une amitié nait entre lui et Madeleine. A Chasseneuil, il porte l’étoile jaune que les Nazis ont imposée aux Juifs, mais il la retire quand il vient à Tercé, chez son amie Madeleine Chagnon.

En janvier 1944, il apprend qu’une imminente rafle autour de Poitiers se prépare. Méfiant et craignant pour la sécurité de ses parents, il demande à Madeleine Chagnon si elle peut l’aider à les cacher. Cette dernière en parle à sa mère, Marie Chagnon, qui propose sans réticence de les abriter chez elle à Tercé, malgré l’exiguïté de sa maison. Ils échappent ainsi à la rafle du 31 janvier 1944 qui se déroule en plusieurs lieux de la Vienne, dont Saint-Georges-lès-Baillargeaux et Chasseneuil–du-Poitou.

Munis de fausses cartes d’identité au nom de Chabot, Jules, Edwige et Marcel Marx se réfugient chez Marie Chagnon du 15 janvier 1944 au 10 septembre 1944. Les parents se font discrets et ne sortent quasiment pas du logement, excepté la nuit pour prendre l’air dans le jardin Avec sa nouvelle identité, Marcel trouve du travail dans des fermes de Tercé, notamment chez la famille Lejeune à la Roctière. Il devient officiellement le fiancé de Madeleine Chagnon. Aux yeux des habitants de la commune, les Marx connus uniquement sous le nom de Chabot, sont simplement les parents du fiancé de Madeleine Chagnon, sans soupçonner que cette famille a échappé à la déportation et à une mort certaine dans un camp d’extermination comme le reste de leur famille.

Article annexe:
Marie Chagnon, une habitante de Tercé dans la Vienne, reconnue Juste parmi les Nations

 

 

 




Mis à jour il y a 3 mois.