Léontine Bracchi
Année de nomination : 2021
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession :

Localisation Ville : Beaufray (72110)
Département : Sarthe
Région : Pays-de-la-Loire

Personnes sauvées

Cérémonies



    Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


    L'histoire

    Léontine Bracchi

    Mathilde Gauthier

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La famille Herszbaum, vit à Paris, rue Saint-Honoré dans le 1er arrondissement puis s’installe en 1939 rue Saint-Simon dans le VIIième.

    Le père, Gadel, d’origine polonaise, arrive en France en 1925 et son épouse Yvonne, quant à elle née en France. Ils ont deux fils René et Daniel. Gadel, tailleur, ouvre son propre atelier et son magasin dans le VII arrondissement de 1939 et ce jusqu’en 1941.

    Le 11 mai 1941, il est arrêté et interné au camp de Pithiviers d’où il parvient à s’évader et rejoint sa famille à Paris. La famille devra alors se cacher dans un box de voiture de l’immeuble voisin pour échapper aux arrestations. Prévenue d’une rafle imminente, Mathilde Gauthier qui habite en face de chez eux va les accueillir pendant quelques jours avant leur départ pour la Sarthe, à Beaufay. Jehan Gauthier, son mari a été mobilisé dès le début de la guerre et sera fait prisonnier en tant que soldat français en Allemagne durant toute la guerre. Mathilde prend ainsi seule le risque de cacher 4 personnes.

    Lors de la rafle du Vel d’Hiv, cachés chez Mathilde, qui habite en face de chez les Herszbaum, ils voient l’arrivée des policiers venus les arrêter dans leur appartement.

    Daniel et René ne vont pas à l’école, le village le plus proche se trouvant à 5 kilomètres. Yvonne, de nationalité française, apprend à lire et à écrire à ses enfants. Gadel et Yvonne s’approvisionnent dans les fermes avoisinantes moyennant quelques travaux de couture. Le 18 avril 1943 sur dénonciation, les Allemands viennent arrêter Gadel qui sera emprisonné à la prison du Mans, transféré à Drancy puis à Auschwitz où il sera assassiné.

    Yvonne et ses deux garçons restent à Torcé en Vallée, près de Beaufay ; elle est persuadée de ne pas être inquiétée car ils sont de nationalité française. Mais au petit matin, le 26 janvier 1944, René entend des camions qui s’acheminent vers le château.  Yvonne habille ses enfants de 9 et 4 ans et les fait fuir par la fenêtre. Ils savent qu’ils devront aller chez Mme Bracchi. Déjà, les soldats allemands frappent à la porte et encerclent la maison.

    Yvonne est arrêtée à son tour, emmenée au camp d’Auvour, à Drancy puis à Auschwitz où elle sera assassinée.  Daniel et René se terrent dans les fossés toute la journée en attendant la nuit, puis vont demander de l’aide à une amie de leur mère, Léontine Bracchi.

    Pendant plusieurs mois elle amène les deux garçons, qu’elle habille en filles pour plus de précautions, de ferme en ferme dans des caches différentes car les Allemands sont toujours à la recherche des deux garçons.

    En septembre 1944, lors de la Libération, les enfants sont pris en charge par les services sociaux et amenés au château de Mehoncourt qui appartient à l’OSE.

    Après-guerre, Daniel et René sont séparés, l’un est allé vivre chez un oncle paternel, Zlama Cherzbaum à Paris, et l’autre chez sa tante maternelle.  Cette dernière décide très vite de le placer à l’orphelinat Rothschild. A l’âge de 8 ans Daniel décide de partir vivre en Israël et d’y fonder une famille.

    Ils retrouvent la trace de Léontine en 1966 qui ne les avait pas oubliés.




    Mis à jour il y a 3 mois.