Léontine Bracchi
Année de nomination : 2020
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession :

Localisation Ville : Beaufray (72110)
Département : Sarthe
Région : Pays-de-la-Loire

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Léontine Bracchi

Mathilde Gauthier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La famille Herszbaum, vit à Paris dans le XVIIième arrondissement : le père, Gadel, arrivé de Pologne en 1925 et son épouse Yvonne, quant à elle née en France. Ils ont deux fils René et Daniel. Gadel, tailleur, ouvre son propre atelier dans le VII arrondissement jusqu’en 1941.

Le 11 mai 1941 il est arrêté et interné au camp de Pithiviers d’où il parvient à s’évader et rejoint sa famille à Paris. La famille va alors se cacher dans un box de voiture de l’immeuble voisin pour échapper aux arrestations. Prévenue d’une rafle imminente, Mathilde Gautier qui habite en face de chez eux va les accueillir pendant 4 jours avant leur départ pour la Sarthe, à Beaufay. Jehan Gauthier, son mari a été mobilisé dès le début de la guerre et sera fait prisonnier en tant que soldat français en Allemagne durant toute la guerre. Mathilde prend ainsi seule le risque de cacher 4 personnes.

Lors de la rafle du Vel d’Hiv, cachés chez Mathilde, les Herszbaum voient l’arrivée des policiers venus les arrêter dans leur appartement.

C’est à Beaufay dans une maison en pleine forêt que des amis fourreurs leurs prêtent qu’ils se cachent. Daniel et René ne vont pas à l’école, le village le plus proche se trouvant à 5 kilomètres. Yvonne, de nationalité française, apprend à lire et à écrire à ses enfants. Gadel et Yvonne s’approvisionnent dans les fermes avoisinantes moyennant quelques travaux. Le 18 avril 1943 sur dénonciation, les Allemands viennent arrêter Gadel qui sera emprisonné à la prison du Mans, transféré à Drancy puis à Auschwitz d’où il ne reviendra pas.

Yvonne et ses deux garçons restent à Beaufay ; elle est persuadée de ne pas être inquiétée car ils sont de nationalité française. Mais le 26 janvier 1944, les soldats allemands frappent à la porte et encerclent la maison. Yvonne demande à ses enfants âgés de 9 et 4 ans de fuir. Les deux enfants réussissent à s’échapper par la fenêtre. Yvonne est arrêtée à son tour, emmenée au camp d’Auvour, à Drancy puis à Auschwitz d’où elle ne reviendra pas.  Daniel et René se terrent toute la journée en attendant la nuit, puis vont demander de l’aide à une amie de leur mère, Léontine Bracchi.

Elle les cache pendant quelques jours dans sa maison « La Thébaïde ». Les enfants sortent uniquement la nuit pour se dégourdir les jambes mais la journée, restent cloitrés sans bouger. Léontine va rendre visite à Yvonne internée à Auvour pour l’informer qu’elle s’occupait désormais des enfants. Pendant plusieurs mois elle amène les deux garçons, qu’elle habille en filles pour plus de précautions, de ferme en ferme dans des caches différentes car les Allemands sont toujours à la recherche des deux garçons.

En septembre 1944, lors de la Libération, les enfants sont pris en charge par les services sociaux et amenés au château de Mehoncourt qui appartient à l’OSE.

Après-guerre, Daniel et René sont séparés, l’un est allé vivre chez un oncle paternel et l’autre chez un oncle maternel. Ils retrouvent la trace de Léontine en 1966 qui ne les avait pas oubliés.




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