Jean Géraud Rongier
Année de nomination : 2021
Date de naissance : 22/11/1893
Date de décés : 28/09/1967
Profession : Menuisier

Marie Rongier Gaillac
Année de nomination : 2021
Date de naissance : 07/07/1897
Date de décés : 21/07/1987
Profession : Femme au foyer

Léontine Tournier Rongier
Année de nomination : 2021
Date de naissance : 22/06/1921
Date de décés : 24/07/2017
Profession : Couturière, employée de maison

Localisation Ville : Mandailles-Saint-Julien -de-Jordanne (15590)
Département : Cantal
Région : Auvergne-Rhône-Alpes

Personnes sauvées

Cérémonies



    Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


    L'histoire

    Abram Kuczynski qui se destinait à des études de médecine inaccessibles aux juifs en Pologne, arrive en France en octobre 1931. Après avoir obtenu son équivalence pour ses diplômes, il étudie le français et entre à l’université de médecine de Reims puis de Strasbourg. Il obtient son diplôme de Docteur en Médecine en 1939. Dès l’occupation de Strasbourg par l’Allemagne, Abram arrive à Clairvivre en Dordogne. Avec les lois anti-juives  et l’application du statut des juifs qui sévissent, Abram comme ses collègues juifs médecins sont obligés de quitter leurs fonctions. Abram est alors incorporé comme travailleur étranger au sein de groupements de travailleurs dans des chantiers d’exploitation des forêts.

    Fin 1942, il est dénoncé et arrêté par un gendarme qu’il avait soigné, dès lors il est transféré au camp de Nexon, puis au camp de Gurs. Il se cache pendant 3 jours sous le sol d’un baraquement afin d’échapper à la déportation vers Drancy. Il parvient à s’échapper mais sera rattrapé et après plusieurs évasions il  arrive à Mandailles au camp Faraut dans le Cantal le 15 juillet 1943. Il travaille en tant que bûcheron avec 25 autres juifs.

    L’attitude des habitants de cette vallée d’Auvergne, qu’ils soient de simples cultivateurs, ouvriers, commerçants, instituteurs ou bien des élus, était exemplaire du point de vue patriotique et humain. Au bout de quelques temps, il éprouve un fort sentiment de proximité envers cette population.« J’ai laissé à Aurillac et dans la campagne d’Auvergne des vrais amis parmi les médecins et le reste de la population pour tous les services qu’ils m’ont rendus quelquefois en exposant leur propre sécurité » dira-t-il dans son témoignage.

    En tant que médecin il prodigue clandestinement, sans relâche et au risque de sa propre vie,  des soins aux habitants  et aux blessés du maquis de cette vallée de la Jordanne. La ville la plus proche, Aurillac, se trouve à environ 25 kilomètres et faute d’essence, les médecins ne peuvent se déplacer, Abram devient donc le seul à pouvoir exercer la médecine, allant même à bicyclette dans des lieux très reculés et difficiles d’accès. Lors d’une attaque des allemands les 17 et 18 juin 1944, Abram va être caché dans 3 familles à plusieurs endroits alors que ces compagnons juifs vont être raflés.

    Marie Bonal et sa fille Eliane, Louis & Léontine Almaric, Jean et Marie Rongier et leur fille Léontine.

    Les Bonal, hôteliers, vont mettre à sa disposition une chambre malgré les risques encourus de cacher un juif polonais. S’il y avait danger, il pouvait s’échapper par la cave. Grâce à la mobilisation des habitants, il changeait de cache régulièrement.

     




    Mis à jour il y a 2 mois.