Dossier n°14192 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Albert Lauverjon

Année de nomination : 2022
Date de naissance : 27/03/1888
Date de décés : 23/08/1962
Profession : HĂ´telier

Rachel Lauverjon Grenier

Année de nomination : 2022
Date de naissance : 15/05/1888
Date de décés : 25/11/1980
Profession : Hôtelière

Localisation Ville : Brunoy (91800)
DĂ©partement : Essonne
RĂ©gion : Ile-de-France

Personnes sauvées

L'histoire

Rachel et Albert LAUVERJON

Fuyant l’antisémitisme polonais, Maurice Zylberstein arrive à Paris le 13 juillet 1926. Deux ans plus tard, il fait venir Blanche Rubin. Ils se marient à Paris à la mairie de 13ème arrondissement. Une dizaine d’années plus tard, naît Jean-Claude. Ils passent leurs dimanches à Brunoy. Ils ont l’habitude de descendre à l’hôtel Portalis tenu par Albert et Rachel Lauverjon. Après la promulgation des premières lois anti-juives, les Lauverjon offrent aux Zylberstein de recueillir début 1941 le jeune Jean-Claude, surnommé Coco. Ils leur affirment qu’ils s’occuperont de lui s’il devait leur arriver malheur. En août 1941, Maurice Zylberstein est arrêté dans Paris et il est interné à Drancy. Par chance il fait partie des quelques centaines de Juifs libérés pour raison médicale en novembre de la même année.
Les Lauverjon sont très patriotes. Albert, ayant été blessé pendant la Première Guerre mondiale, est farouchement antiallemand. Très vite Jean-Claude fait partie de la famille. On fait croire au voisinage que Jean-Claude est un enfant abandonné par une jeune femme qui aurait « fauté » avec un des fils Lauverjon. Rachel et Albert Lauverjon ont deux fils, Gilbert et Pierre, qui considèrent le jeune enfant comme leur petit frère. Jean-Claude est très vite initié au dessin, à la peinture et à la musique, surtout de jazz, par Albert Lauverjon. Il est choyé et gâté par ses « grands-parents » d’adoption.
Début 1942, après la libération de Maurice de Drancy quelques mois plus tôt, Rachel Lauverjon convainc Madame Viel, la voisine d’en face de l’hôtel de recueillir les parents de Jean-Claude ainsi que la mère et le frère de Blanche. Bien qu’étant caché chez les Lauverjon, le jeune garçon peut rencontrer sa famille le soir.
Les risques pris par les Lauverjon sont grands. Il est arrivé qu’une trentaine de soldats Allemands réquisitionnent des chambres pour des officiers. De temps en temps des Allemands viennent aussi au comptoir de l’hôtel. Un jour, alors que Blanche est présente et aide au service, elle a l’imprudence de leur parler en Yiddish et très vite Rachel se précipite vers elle pour l’envoyer aux cuisines. A la Libération, les Zylberstein rejoignent Paris. La séparation d’avec les Lauverjon est un déchirement pour Jean-Claude.
Aujourd’hui des liens amicaux unissent Jean-Claude Zylberstein et Claude Lauverjon, petit-fils de Rachel et Albert Lauverjon.
Jean-Claude Zylberstein a écrit son histoire « Souvenirs d’un Chasseur de Trésors Littéraires » aux éditions Allary en 2018. Il y relate sa vie d’enfant caché chez Albert et Rachel Lauverjon à Brunoy.

Lieu du sauvetage




Mis Ă  jour il y a 5 mois.