Dossier n°14323 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Robert Voisin

Année de nomination : 2023
Date de naissance : 07/07/1892
Date de décès : 10/12/1972
Profession : Médecin
    Localisation Ville : Ligueil (37240)
    Département : Indre-et-Loire
    Région : Centre-Val de Loire

    L'histoire

    Robert Voisin

    Robert Voisin

    Lucien Caen et Renée née Lévy se sont connus après la première guerre mondiale en 1919. Lui est né en Allemagne dans la Moselle occupée par les Allemands, et il est négociant en vin. Ils se marient le 12 décembre 1919 à Metz, et ont deux fils Pierre né en 1921 et Jacques né en 1927.Lucien décède

    le 5 mai 1938. La famille de Renée est en France depuis 1636, installée à Uckange en Moselle.

    La famille Caen part de Metz en août 1939 le jour où Ribbentrop et Molotov signent le pacte germano-soviétique de non-agression. Ils choisissent d’aller à Chinon au bord de la Vienne où Renée et ses deux enfants vont vivre avec sa sœur et ses trois enfants. Probablement dénoncés en septembre 1940, les Allemands débarquent. Ils étaient tous déclarés comme Juifs et ont dû rendre leur poste de TSF. Toutefois ils restent à Chinon jusqu’au 11 août 1942.

    Marc Michel Cahen, oncle de Pierre et Jacques, ancien combattant de la première guerre mondiale, Médaille Militaire et Croix de Guerre, est arrêté avec son fils Jean Michel Cahen, étudiant en pharmacie.

    Un officier allemand avait été tué à Tours et 50 personnes avaient été prises en otage. Ils sont restés en prison à Tours, puis envoyés à Compiègne. Ils ont été déportés par le convoi N° 2 le 5 juin 1942.

    Marc Michel a été gazé le même mois à Auschwitz, quant à son fils Jean Michel, il a eu une balle dans la nuque parce qu’il traînait la jambe.

    Le jour de leur arrestation, Pierre n’était pas dans la maison. Il est transporté par Monsieur Lepingard jusqu’à Châtellerault. Il se rend à la gendarmerie et le capitaine de gendarmerie lui donne le moyen de passer en zone non occupée. Jacques et sa mère sont interrogés par la Kommandantur mais ne divulguent rien.

    Jacques passe l’oral du premier bac en juillet 1942, il a 15 ans. Renée décide d’envoyer son fils Jacques à l’évêché, grâce à la filière du Docteur Voisin à Ligueil. Renée ne peut partir avec son fils car elle a promis à sa cousine Marcelle Zackayus qui a disparu,  de s’occuper de son père, un vieil oncle, Alphonse Lévy. A l’évêché Jacques reçoit une fausse carte d’identité au nom de Jacques Chardon.

    Le 15 juillet 1942 à 6 h du matin, il embrasse sa mère pour la dernière fois et prend son vélo jusqu’à la gare de Tours où il doit retrouver un autre jeune juif étranger. Ils arrivent donc à Ligueil et s’assoient dans la salle d’attente bondée du Docteur Voisin. Jacques part ensuite en vélo avec le Docteur Voisin pour aller chercher de la nourriture. En chemin, ils voient des Allemands non loin du lieu de cache qui est à cheval entre la zone non occupée d’un côté et la zone occupée de l’autre.

    Après plusieurs péripéties, il passe la ligne de démarcation, et retrouve son frère à Valence. Ils apprennent que leur mère avait été arrêtée.

    Le Docteur Voisin faisait partie d’un réseau de résistance. Il a fait passer la ligne de démarcation à d’autres gens dont Michel Debré. Il a sauvé aussi Claire-Lise la tante de Jacques et Pierre, qui après-guerre se retrouve orpheline car ses parents, frère et sœur sont morts à Auschwitz. Elle s’était repliée à Tulle où elle a assistée cachée san rien pouvoir faire à l’exécution de 99 personnes pendues le 9 juin 1944 par la division Das Reich.

    « Au péril de sa vie, il a rendu de nombreux services. Il ne voulait pas connaître les noms de ses passagers furtifs, ni les raisons de leur passage. Il a reçu après-guerre les remerciements du professeur Robert Debré pour avoir fait passer la ligne à son fils Michel. ».

     




    Mis à jour il y a 4 mois.