Dossier n°14420 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Robert Octobon

Année de nomination : 2026
Date de naissance : 16/04/1911
Date de décès : 05/06/1995
Profession : Ingénieur

Laure Henriette (Defawe) Octobon

Année de nomination : 2026
Date de naissance : 01/09/1912
Date de décès : 25/02/2009
Profession : Sans profession

Marie-Josèphe (Lacquement) Defawe

Année de nomination : 2026
Date de naissance : 23/06/1883
Date de décès : 14/03/1957
Profession : Sans profession
    Localisation Ville : Pamiers (09100)
    Département : Ariège
    Région : Occitanie

    Cérémonies

      L'histoire

       

      Joseph Marimont et Marjam Birenbaum sont des Juifs originaires de Pologne. Installés à Paris avant la guerre, ils vivent rue du Docteur-Lucas-Championnière, dans le 13ᵉ arrondissement. Joseph travaille comme dessinateur électromécanicien et Marjam exerce comme dentiste. Leur fille Claire naît à Paris le 4 avril 1940.

      Face à l’avancée allemande, Joseph Marimont quitte Paris le 13 juin 1940 pour rejoindre Pamiers, dans l’Ariège. Il se rend auprès de ses amis Robert et Laure Octobon, auxquels il a demandé de l’aide. Les liens entre les deux familles sont anciens : Joseph Marimont et Robert Octobon se connaissent depuis 1930, lorsqu’ils étaient étudiants à l’Institut Polytechnique de l’Ouest, à Nantes. À Paris, les deux couples avaient continué à se fréquenter.

      Robert et Laure Octobon vivaient eux aussi à Paris avant la guerre, où Robert travaillait comme dessinateur industriel chez Citroën. Mais Laure, née Defawe, était originaire de Pamiers, où vivait sa mère, Marie-Josèphe Defawe-Lacquement. Lorsque Robert est mobilisé, Laure quitte Paris avec leur fils François et rejoint sa mère dans l’Ariège. Marjam et Claire Marimont retrouvent Joseph à Pamiers quelques semaines plus tard. Le couple Marimont s’y marie le 22 juin 1940.

      À Pamiers, Marie-Josèphe Defawe-Lacquement joue un rôle essentiel. Veuve, connue et respectée dans la ville, elle participe à la gestion des Ateliers de Constructions Métalliques de l’Ariège, fondés par son mari. Elle aide Joseph Marimont à trouver du travail, ce qui permet à la famille de vivre et de conserver une apparence de normalité.

      Mais la situation devient rapidement dangereuse. Joseph Marimont entre dans la Résistance à Pamiers en 1941. Son engagement se poursuit ensuite à Agen, où il rejoint en 1943 les FTP et le bataillon « Prosper » (affilié au PCF). Marjam Marimont participe elle aussi à des activités clandestines : elle sert d’agent de liaison, aide des évadés du camp du Vernet et prend part aux activités de l’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide. L’engagement des parents Marimont accroît encore les risques qui pèsent sur eux.

      Pour protéger Claire, Robert et Laure Octobon l’accueillent chez eux à Moissac. Ils la présentent comme l’une de leurs enfants, presque comme la sœur jumelle de leur fils Georges, né lui aussi en 1940. Claire grandit alors avec les enfants Octobon : François, Georges et Claude. Afin de renforcer cette couverture, elle est baptisée le 27 septembre 1942 à l’église Saint-Pierre de Moissac. Sa mère, Marjam, est présentée comme gouvernante.

      Claire reste environ deux ans au sein de la famille Octobon. Elle y est élevée comme une enfant de la maison. Les fils de Robert et Laure garderont le souvenir de cette petite fille recueillie par leurs parents et continueront, après la guerre, à la considérer comme une sœur.

      Le sauvetage concerne aussi Joseph Marimont. Lors d’une rafle à Pamiers, il est arrêté et se trouve sur le point d’être emmené. Marie-Josèphe Defawe intervient alors directement. Elle parvient à le faire descendre du camion, en affirmant qu’elle a besoin de lui comme ouvrier. Elle lui procure ensuite des papiers et un contrat de travail, lui permettant d’échapper à la déportation.

      Par leur action, Robert Octobon, Laure Octobon-Defawe et Marie-Josèphe Defawe-Lacquement ont permis à Claire Marimont et à ses parents de survivre à la persécution. Après la guerre, les liens entre les deux familles ne se sont jamais rompus. Claire Marimont a toujours considéré les Octobon et leurs descendants comme faisant partie de sa propre famille.

      En 2026, Yad Vashem, Institut International pour la Mémoire de la Shoah a décerné à Robert et Laure Octobon ainsi qu’à Marie-Josèphe Defawe, le titre de Juste parmi les Nations.

       




      Mis à jour il y a 1 jour.