Dossier n°14532 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Samuel Elisée Cesmat

Année de nomination : 2025
Date de naissance : 16/05/1904
Date de décès : 22/07/1944
Profession : Gendarme
    Localisation Ville : Dieulefit (26220)
    Département : Drôme
    Région : Bourgogne-Franche-Comté

    Personnes sauvées

    Cérémonies

      L'histoire

       

      Samuel Cesmat

      Samuel Cesmat

       

      Samuel Cesmat, ancien gendarme, se distingua pendant l’Occupation par son engagement en faveur de la Résistance et par l’aide qu’il apporta aux Juifs, qu’il avertissait de l’imminence des rafles.

      Envoyé en avril 1928 au peloton mobile n°73 d’Héricourt (Haute-Saône), il fut titularisé comme gendarme et affecté, le 5 novembre 1928, à Saint-Laurent-du-Cros. Promu maréchal des logis le 10 février 1936, il reçut la Médaille militaire le 22 juin 1939. Le 1er juin 1941, il fut muté à Dieulefit, dans la Drôme.

      Nommé adjudant le 10 octobre 1942, Samuel Cesmat fut mis à la retraite d’office pour mesure disciplinaire le 20 février 1944, en raison de l’aide qu’il apportait à la Résistance et aux réseaux protégeant les Juifs à Dieulefit. Il s’installa alors à Gordes, où il joua un rôle majeur dans la Résistance locale. Il participa à l’élaboration de nombreux plans de sabotage lors de l’insurrection et assura la formation militaire des maquisards.

      Père de trois enfants âgés de 15, 14 et 7 ans, il poursuivit son engagement malgré les risques encourus.

      Arrêté le 22 juillet 1944, il fut violemment frappé puis exécuté par une rafale de mitraillette. Son épouse et ses enfants parvinrent à s’enfuir, mais leur hameau fut vandalisé et incendié.

       

      Jeanne Barnier, secrétaire de mairie à Dieulefit et reconnue Juste parmi les Nations en 1988, témoigna de son action : « J’ai eu pendant la guerre beaucoup de contacts avec la gendarmerie. Il y avait un brigadier que je connaissais bien parce que j’étais la cheftaine de sa fille dans mon mouvement de jeunesse. Ce brigadier était protestant ; il a d’ailleurs été tué à la fin de la guerre par les Allemands… C’est un homme qui m’a beaucoup, beaucoup aidée. Quand il y avait quelque chose qui paraissait douteux, il me prévenait en disant : “Attention, j’ai appris que la milice montait”. Et je pense qu’il le faisait aussi avec une solide conviction protestante. »

       

      Elle rapporta également qu’après l’arrestation d’un résistant pour lequel elle avait établi de faux papiers, elle avait dissimulé le cachet de la mairie. Venue déclarer le vol à la gendarmerie, Samuel Cesmat, recueillant sa déposition, lui aurait alors dit avec bienveillance : « Mademoiselle Barnier, vous mentez très mal. Vous venez de me faire une fausse déclaration. Je vais vous expliquer comment bien mentir. »

       

      Après la Libération, la Croix de guerre avec palme lui fut décernée à titre posthume.

      En novembre 2025, Yad Vashem, Institut International pour la mémoire de la Shoah, a décerné à Samuel Cesmat le titre de Juste parmi les Nations.




      Mis à jour il y a 4 jours.