Dossier n°14557A - Juste(s)

Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)


Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Camille (Hilger) Guiberteau

Année de nomination : 2025
Date de naissance : 12/10/1912
Date de décès : //
Profession : Sans profession

Charly Guiberteau

Année de nomination : 2025
Date de naissance : 12/09/1905
Date de décès : 09/06/1972
Profession : Cultivateur
    Localisation Ville : Fouqueure (16140)
    Département : Charente
    Région : Nouvelle-Aquitaine

    Personnes sauvées

    Cérémonies

      L'histoire

       

      La famille de Gaston Klotz est originaire d’Alsace. Son épouse, Haïa Kassel, est née à Riga (Lettonie). Gaston Klotz travaille dans la confection en tant que voyageur de commerce, tandis que sa femme est employée comme standardiste à l’hôtel France & Choiseul à Paris. Le couple réside dans la capitale et a deux fils : Georges, né en 1924, et Michel, né en 1925.

      La famille Gémot est installée au cœur du bourg de Tusson, dans le département de la Charente. Alexandre et Fernande Gémot y tiennent une épicerie. Ils ont trois enfants : Michel, Gabriel et Micheline.

      Avant la déclaration de guerre, en septembre 1939, Michel Gémot, né en 1925 et fils aîné de la famille, se lie d’amitié avec Georges Klotz à Paris, où tous deux travaillent dans le domaine de la confection.

      Après la défaite française de juin 1940 et l’occupation allemande, les persécutions visant les Juifs s’intensifient, notamment à partir de 1942. C’est dans ce contexte que Georges Klotz se réfugie à Tusson. Il est rejoint par son père Gaston Klotz et par son frère Michel Klotz. C’est Michel Gémot qui propose à Georges de les héberger lorsque la situation devient trop dangereuse à Paris.

      Gaston et Michel Klotz ne séjournent toutefois pas en permanence à Tusson. La famille Gémot leur trouve un autre lieu d’accueil chez la famille Guiberteau, au lieu-dit Sècheboue, sur la commune de Fouqueure. Charly Guiberteau et son épouse Camille ont un fils, Jacques, né en 1933. Les Guiberteau vivent dans une ferme isolée, au milieu de la forêt de Tusson. La situation géographique de la ferme, ainsi que l’engagement de ses occupants, favorisent des actions de Résistance.

      Liées par une confiance réciproque, les familles Gémot et Guiberteau accueillent les trois membres de la famille Klotz, dont elles connaissent la religion juive, afin de les protéger des Allemands. Des résistants, parmi lesquels se trouvent également des Juifs, séjournent à plusieurs reprises dans la ferme des Guiberteau.

      L’hébergement de Georges Klotz chez les Gémot comporte des risques considérables : leur maison est située au centre du bourg, à environ cent mètres du siège de la Kommandantur locale, et à un carrefour emprunté par une voie de circulation allemande importante. La famille Gémot accueille également une autre famille : Marie Bernard et son fils Guy, né en 1934, d’un âge proche de celui de Gabriel Gémot.

      L’accueil et la protection de la famille Klotz s’étendent de 1942 jusqu’à la fin août 1944, au moment de la Libération de la Charente. Après celle-ci, Georges Klotz et Michel Gémot rejoignent la Résistance, qui poursuit le combat contre les forces allemandes retranchées dans la poche de l’Atlantique. Ils combattent au sein du maquis Bir Hakeim. Alain, le fils de Michel Gémot, conserve encore aujourd’hui l’écusson et le brassard de l’uniforme porté par son père.

       

      C’est grâce au courage et à la solidarité des familles Gémot et Guiberteau que la famille Klotz a pu être cachée, échapper aux rafles menées par les Allemands et les collaborationnistes, et ainsi éviter la déportation.

      Après la guerre, une amitié profonde et durable se noue entre les enfants Gémot, Guiberteau et Alain Klotz, fils de Georges Klotz. Le lien reste également très fort avec Roberte, l’épouse de Georges Klotz.

       

      En novembre 2025, Yad Vashem, Institut international pour la mémoire de la Shoah, décerne à Charly et Camille Guiberteau ainsi qu’à Alexandre et Fernande Gémot, à leur fils Michel, le titre de Justes parmi les Nations.

       

      Georges Klotz, novembre 1944

      Georges Klotz, personne sauvée, novembre 1944

       

       




      Mis à jour il y a 6 jours.