Dossier n°14575 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Marie (Blanchard) Leauthier

Année de nomination : 2026
Date de naissance : 31/01/1909
Date de décès : 31/05/1965
Profession : Agricultrice

Henri Leauthier

Année de nomination : 2026
Date de naissance : 23/11/1904
Date de décès : 28/05/1979
Profession : Agriculteur
    Localisation Lieu-dit : Les Meyères, Route de la Garde Ville : Cap (05000)
    Département : Hautes-Alpes
    Région : Provence-Alpes-Côte d’Azur

    Cérémonies

      L'histoire

      Victor Revah, originaire de Serbie, est marchand forain. Son épouse, Claire Mordoch, s’occupe du foyer et de leur fils, Jacques, né en 1939 à Avignon. Victor REVAH est arrêté lors d’une rafle puis déporté. Il meurt au camp de concentration de Mauthausen.

      Jacques vit alors avec sa mère à Avignon. Il a quatre ans lorsqu’en 1943, vers deux heures du matin, ils sont brusquement réveillés. Leur immeuble, situé au 2 rue Mijeanne, est encerclé par des miliciens. Toutes les personnes arrêtées doivent être conduites dans un camp à Marseille.

      Claire et son fils descendent les escaliers depuis leur appartement situé au deuxième étage jusqu’au premier, où un milicien monte la garde. Celui-ci lui ordonne de remonter afin d’habiller plus chaudement l’enfant. Claire obtempère. Arrivée devant son appartement, elle se contente de claquer bruyamment la porte, mais reste en réalité immobile sur le palier, sans faire le moindre bruit. Quelques instants plus tard, profitant du fait que le milicien est entré chez les voisins, la famille Levy, elle redescend discrètement et s’enfuit en courant avec son fils. Ils trouvent refuge au 123 rue Carreterie, où des amis leur offrent l’hospitalité pour le reste de la nuit.

      Dans un premier temps, Jacques est caché dans une cave située à l’extérieur des remparts de la ville.

      Claire connaît les Sœurs de Saint-Joseph, auxquelles son père, marchand de fruits et légumes, avait l’habitude de faire des dons de marchandises. Dans l’urgence, les religieuses organisent le transfert de Jacques vers la colonie des Carmes d’Avignon, installée à Gap, dans le quartier de Charance. Elles font ensuite appel à un couple d’agriculteurs, Marie et Henri Leauthier, qui acceptent d’accueillir et de cacher le petit Jacques, bien qu’ils sachent qu’il est de confession juive.

      Les Leauthier vivent avec leurs deux enfants, Étienne, quatorze ans, et France, douze ans, ainsi qu’avec Caroline, la mère de Marie, dans une ferme située dans un hameau au pied de la montagne de Charance. À proximité s’étend une vaste zone boisée où les maquisards trouvent refuge. À la tombée de la nuit, ceux-ci viennent régulièrement se ravitailler auprès des habitants du hameau, et tout particulièrement auprès d’Henri Leauthier.

      Jacques Revah se souvient de la gentillesse de France, qui restait à ses côtés pour l’aider à s’endormir, ainsi que de l’affection que toute la famille lui témoignait. Il accompagnait également Marie Leauthier, qu’il appelait affectueusement « marraine », à la messe le dimanche afin de ne susciter aucun soupçon.

      À la Libération, Claire vient rechercher son fils. Les liens tissés pendant la guerre perdureront, et la famille Revah conservera des relations étroites avec les Leauthier et leurs descendants.

      En 2026, Yad Vashem, Institut international pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Henri et Marie Leauthier le titre de Justes parmi les Nations.




      Mis à jour il y a 1 jour.