Les Justes
Clotilde (Le Baudy) Veissière
Année de nomination : 2026Date de naissance : 04/06/1893
Date de décès : 10/06/1986
Profession : Sans profession
Département : Essonne
Région : Ile-de-France
Cérémonies
L'histoire
Henri Glusman est né à Paris le 10 octobre 1933, dans une famille juive originaire de Pologne. Ses parents, Joseph et Faiga Glusman, vivaient rue Oberkampf, à Paris dans le 11eme arrondissement de Paris. Avec l’Occupation, les rafles et les perquisitions, la situation de la famille devint de plus en plus dangereuse. Après une perquisition à leur domicile, les Glusman durent se cacher et se disperser.
Pour mettre Henri à l’abri, ses parents utilisent une intervention médicale devenue nécessaire : l’enfant souffrait depuis plusieurs années d’une hernie bi-inguinale. Son père le conduit alors à l’hôpital des Enfants-Malades, où il est opéré et hospitalisé une dizaine de jours. Cette hospitalisation doit permettre à ses parents de gagner du temps, le temps de trouver une cache plus sûre. À sa sortie de l’hôpital des Enfants-Malades, Henri ne peut être repris par sa famille, désormais dispersée et traquée. Pris en charge par la Croix-Rouge, il est envoyé en convalescence à Saint-Maur-en-Beauvaisis, chez Mme Loir mais dans des conditions très dures. Après plusieurs mois chez Mme Loir, le placement prend fin. À la suite d’un grave incident provoqué par les conditions dans lesquelles il vit, Henri est repris en charge par la Croix-Rouge. Des femmes viennent le chercher et le conduisent dans une maison d’accueil où séjournent d’autres enfants.
Clotilde Veissière, née Le Baudy, vivait pendant l’Occupation à Draveil, dans un pavillon situé à proximité de la forêt de Sénart en Ile de France. Elle avait transformé son salon en atelier de confection, avec deux machines à tricoter et une grande table de travail. C’est dans ce contexte qu’elle entra en relation avec la mère d’Henri, Faiga Glusman, une femme juive qui travaillait avec elle à la fabrication de pull-overs. Cette dernière demande de l’aide à Clotilde qui accepte de l’héberger et de la cacher malgré les risques.
Clotilde Veissière, qui hébergeait déjà Faiga Glusman à Draveil, vint chercher Henri, le ramena chez elle, où il retrouva enfin sa mère. En accueillant l’enfant à son tour, Clotilde prit sous son toit une mère et son fils juifs, alors que toute aide apportée aux Juifs exposait à une arrestation.
À Draveil, Henri dut vivre caché. Il ne pouvait pas aller à l’école et les voisins ne devaient pas connaître sa présence ni celle de sa mère. Il restait tout comme sa mère dans la maison, dans le jardin clos, puis parfois près de la forêt pour ramasser du bois. Clotilde assurait le quotidien, les courses, les livraisons de vêtements et la protection des deux fugitifs.
Malgré le danger, elle suivait l’avancée de la guerre en écoutant clandestinement la BBC, portes fermées et rideaux tirés. Les bombardements de Juvisy et de Villeneuve-Saint-Georges, puis la présence de soldats allemands près de la maison à l’été 1944, rappelèrent jusqu’au bout la fragilité de leur refuge.
Clotilde Veissière protégea Henri Glusman et sa mère jusqu’à la Libération. Après la guerre, Henri apprit que son père, Joseph Glusman, était mort. En sauvant Faiga et Henri Glusman, Clotilde Veissière avait permis à une mère et à son enfant d’échapper à la déportation.
En 2026, Yad Vashem, Institut International pour la Mémoire de la Shoah a décerné à Clotilde Veissière le titre de Juste parmi les Nations.

