Dossier n°14596 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Henri Agati

Année de nomination : 2026
Date de naissance : 26/12/1909
Date de décès : 22/04/1992
Profession : Directeur centre de formation
    Localisation Ville : Gap (05000)
    Département : Hautes-Alpes
    Région :

    Cérémonies

      L'histoire

       

      Armand Joseph naît en 1922 à Luxembourg, où il vit avec ses parents et ses deux frères jusqu’au 10 mai 1940. Sa mère décède en 1941. Lors de l’invasion du Luxembourg par les troupes allemandes, la famille parvient à fuir vers la France. Elle trouve d’abord refuge dans le Loir-et-Cher, puis en Lozère.

      En octobre 1942, Armand tente de passer en Suisse, mais il est arrêté par un gendarme français et interné au camp de Rivesaltes. Grâce à l’aide de l’UGIF, il réussit à s’évader et rejoint sa famille en Lozère. En février 1943, son père est arrêté par la gendarmerie française. Il est successivement interné au camp de Gurs, transféré à Drancy, puis déporté par le convoi du 6 mars 1943 vers Sobibor, où il est assassiné dès son arrivée dans les chambres à gaz.

      Armand est ensuite contraint de rejoindre le camp des Travailleurs étrangers de Combronde, dans le Puy-de-Dôme. Il est lui aussi arrêté et transféré au camp de Gurs, mais échappe finalement à la déportation. Il se retrouve ensuite à Miramas, d’où il peut rendre visite à sa tante, cuisinière au Centre de formation professionnelle de Gap. Grâce à son intervention, Henri Agati, directeur du centre, accepte de l’accueillir comme apprenti.

      Le 2 janvier 1944, Armand intègre ainsi le centre d’apprentissage installé à la Villa Lefrou, à Gap. De nombreux jeunes Juifs y sont accueillis et peuvent y mener une vie relativement normale. Au-delà de son rôle de refuge, le centre dispense une formation aux métiers du bois, notamment en menuiserie, où les apprentis fabriquent des tables, des chaises et d’autres meubles. La discipline y est stricte et la nourriture, bien que suffisante, reste rationnée. Les apprentis sont toutefois autorisés à sortir une heure chaque soir.

      Henri Agati accompagne également Armand au commissariat de police afin de lui faire établir une carte d’identité sous son nom d’emprunt. Armand demeure au centre jusqu’à la Libération.

       

      En 2026, Yad Vashem, Institut International pour la Mémoire de la Shoah a décerné à Henri Agati, le titre de Juste parmi les Nations.




      Mis à jour il y a 2 semaines.