Dossier n°14611 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Georges Schneider

Année de nomination : 2026
Date de naissance : 20/08/1876
Date de décès : 16/06/1971
Profession : Encaisseur de recettes

Emilienne Angèle (Lamy) Schneider

Année de nomination : 2026
Date de naissance : 24/02/1893
Date de décès : 13/02/1976
Profession : Nourrice
    Localisation Ville : Bazainville (78550)
    Département : Yvelines
    Région : Ile-de-France

    Cérémonies

      L'histoire

      Georges et Emilienne Schneider

      Jeannine Reczanek est née à Paris en 1936 et sa sœur Monique en 1939. Leurs parents, Adolphe, né en Autriche en 1909, et Suzanne, née Podgourski à Paris en 1914, habitaient rue de Charenton, dans le XIIe arrondissement de Paris.

      Jeannine, née prématurément, fut confiée à une nourrice à Bazainville, dans les Yvelines, Angèle Schneider – que les enfants appelaient « Emilienne » – afin qu’elle puisse bénéficier du grand air et d’une meilleure alimentation qu’à Paris. Angèle Schneider accueillait également des enfants de l’Assistance publique. À la déclaration de guerre, Monique, qui venait de naître, fut à son tour confiée au couple Schneider.

      Après l’invasion de la France en 1940, Georges et Emilienne Schneider, comme de nombreux Français, quittèrent leur domicile pour prendre le chemin de l’exode vers la Mayenne, emmenant avec eux les enfants dont ils avaient la charge. Adolphe Reczanek s’était engagé dans la Légion étrangère pour la durée de la guerre. Suzanne se retrouva donc seule au début du conflit. Par la suite, elle dut entrer dans la clandestinité, tout comme son mari, libéré après l’armistice. Les parents ne révélèrent jamais à leurs filles comment ils avaient échappé aux rafles ni où ils s’étaient cachés durant l’Occupation.

      À leur retour à Bazainville, Georges et Emilienne Schneider savaient que les deux fillettes étaient juives. Ils les protégèrent en leur recommandant de ne jamais révéler leur nom de famille à qui que ce soit. Les enfants ne fréquentaient pas l’école. Parmi ceux accueillis par les Schneider figuraient également Estelle et Max Hartenberg, dont le père, Szlama Hartenberg, engagé volontaire, fut arrêté puis déporté en juillet 1942.

      Les Allemands étaient présents dans la région et venaient régulièrement se ravitailler à la ferme. Chaque fois qu’un danger se présentait, les Schneider envoyaient les enfants juifs garder les vaches afin de les éloigner des occupants et de les mettre en sécurité.

      Les enfants furent entourés d’affection et traités avec beaucoup de bienveillance. Lorsque, en 1945, Adolphe Reczanek vint rechercher ses filles, celles-ci ne le reconnurent pas et allèrent se cacher dans une grange.

      Jeannine et Monique sont restées toute leur vie en contact avec Georges et Emilienne Schneider, qu’elles considéraient comme leurs « seconds parents ».

      En 2026, Yad Vashem, Institut international pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Georges et Emilienne Schneider le titre de Justes parmi les Nations.

      Monique Reczanek dans les bras de sa maman, Jeannine Reczanek, debout




      Mis à jour il y a 12 heures.