Dossier n°14634 - Juste(s)

Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)


Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Marcelle (Daudier) Pierre

Année de nomination : 2025
Date de naissance : 29/08/1900
Date de décès : 28/03/1993
Profession : Institutrice

Jean Pierre

Année de nomination : 2025
Date de naissance : 20/04/1887
Date de décès : 28/03/1979
Profession : Industriel
    Localisation Ville : Ablon (26140)
    Département : Drôme
    Région : Auvergne-Rhône-Alpes

    Personnes sauvées

    Cérémonies

      L'histoire

       

      Marcelle et Jean Pierre

      Marcelle et Jean Pierre

       

      La famille Pierre louait la maison des Caen à Metz depuis 1934. Les deux familles se connaissaient bien et se fréquentaient régulièrement à l’occasion de fêtes et de rencontres familiales. Industriels, les Pierre furent contraints, dès le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en septembre 1939, de délocaliser leur entreprise.

      Jean Pierre et son frère s’installèrent alors à Valence, dans la Drôme. Ils recherchèrent une propriété susceptible d’accueillir non seulement leur famille et leurs proches, mais également dotée de terres agricoles permettant une relative autonomie alimentaire et située à l’écart des grands axes routiers, dans un contexte de pénuries et d’occupation. Ils trouvèrent une propriété répondant à ces critères à Albon, à environ 40 kilomètres de Valence.

      C’est dans cette propriété que Jean et Marcelle Pierre accueillirent Pierre et Jacques Caen, de janvier 1943 à septembre 1944.

      La famille Caen était originaire de Lorraine et de Moselle. Les parents s’étaient mariés à Metz en 1919. Deux fils étaient nés de cette union : Pierre, né en 1921, et Jacques, né en 1927. À la suite d’une maladie, Monsieur Caen décéda en 1938, laissant son épouse seule avec ses deux enfants.

      Madame Caen et ses fils vinrent alors s’installer à Chinon, où ils vivaient avec la sœur de Madame Caen, son époux et leurs enfants. Dès 1941, conformément aux lois antisémites du régime de Vichy, ils durent se déclarer comme juifs. À mesure que les rafles s’intensifiaient, la situation devint de plus en plus dangereuse.

      Le 11 février 1942, le beau-frère de Madame Caen fut arrêté à la suite de l’assassinat d’un officier allemand à Tours. Il fut déporté avec son fils par le convoi n°2 parti de Compiègne en juin 1942. Madame Caen, quant à elle, fut arrêtée lors de la rafle du 16 juillet 1942, dite rafle du Vél’ d’Hiv’, puis déportée vers les camps de la mort, où elle disparut.

      Averti par son frère Jacques de la rafle imminente à Chinon, Pierre Caen parvint à s’enfuir. Ses employeurs prirent le risque de le conduire jusqu’à Châtellerault, malgré la présence allemande, ce qui lui permit de franchir la ligne de démarcation et de rejoindre la zone libre. Il réussit ainsi à gagner Valence, où il retrouva son frère Jacques quelques jours seulement avant l’arrestation de leur mère.

      Devenus orphelins, Jacques et Pierre demandèrent alors de l’aide à Jean et Marcelle Pierre. Sans aucune contrepartie financière et animés d’une grande bienveillance, ces derniers les accueillirent pendant environ vingt mois. Ils les conduisirent dans leur propriété des Buis, à Albon, où les deux frères furent cachés.

      Durant cette période, Pierre put trouver un emploi, tandis que Jacques poursuivit sa scolarité. Jean Pierre avait pris la précaution de prévenir le proviseur du lycée de Valence afin que Jacques puisse suivre les cours tout en disposant d’une possibilité de fuite en cas de danger. Grâce à ces précautions et à l’isolement relatif de la propriété, les deux frères traversèrent la guerre sans être inquiétés.

      La famille Pierre les présenta aux voisins comme de proches amis originaires de Moselle et de Metz, ce qui permit de dissiper les soupçons. Loin des restrictions et des contrôles de la ville, Jacques et Pierre trouvèrent à Albon un refuge sûr.

      Des liens très forts se tissèrent entre les deux frères Caen et la famille Pierre, liens qui perdurèrent bien au-delà de la fin de la guerre en 1945.

       

      En décembre 2025, Yad Vashem, Institut International pour la mémoire de la Shoah, a décerné à Jean et Marcelle Pierre le titre de Justes parmi les Nations.

       

      Jacques et Pierre Caen, personnes sauvées

      Jacques et Pierre Caen, personnes sauvées, le 25 août 1944




      Mis à jour il y a 1 mois.