Les Justes
Marie-Thérèse Robert
Année de nomination : 2026Date de naissance : 16/03/1896
Date de décès : 02/06/1976
Profession : Sans profession
Département : Haute-Loire
Région : Auvergne-Rhône-Alpes
Cérémonies
L'histoire

Pierette Lachand, Marie-Thérèse Robert et Raymonde Palivoda à Saint-Galmier devant la maison de Madame Robert (1944/1945)
Herschlik Palivoda et Gitla Krasnobroda sont nés en Pologne. Ils arrivent en France respectivement en 1920 et en 1927. Mariés à Paris en 1930, ils ont trois enfants.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, leurs parents décident de mettre leurs trois enfants à l’abri dans différents lieux. Dès la déclaration de guerre, la famille quitte Paris pour Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme, où elle rejoint une partie de la famille maternelle. Herschlik y trouve un emploi de presseur et Gitla travaille comme finisseuse dans la confection.
Au début de l’année 1943, face à l’intensification des rafles, la famille doit de nouveau fuir. Herschlik est arrêté, interné au camp de Drancy, puis déporté à Auschwitz par le convoi n° 74. Il survit aux marches de la mort et est libéré le 20 mai 1945.
Âgée de cinq ans, Raymonde est d’abord confiée à des paysans dans la région de Saint-Étienne. Les conditions de vie y étant particulièrement difficiles, sa mère vient la rechercher. Raymonde ne se souvient plus par quel organisme elle a ensuite été prise en charge, mais les recherches effectuées dans les archives du Mémorial de la Shoah ont permis d’établir qu’elle avait été placée par l’OPEJ.
Une femme dont elle ne connaît pas l’identité la conduit alors à Saint-Galmier, dans la Loire, chez Marie-Thérèse Robert, qui lui demande de l’appeler « Marraine ». Raymonde restera auprès d’elle jusqu’à la fin de la guerre. Elle est scolarisée sous sa véritable identité et présentée comme sa filleule, confiée à ses soins en raison de la maladie de sa mère. Comme tous les enfants du village, elle fréquente également l’église.
Selon Raymonde, Marie-Thérèse Robert aurait également caché d’autres Juifs, sans qu’elle soit aujourd’hui en mesure d’en citer les noms. La nièce de Marie-Thérèse, Pierrette Lachand, alors âgée d’une vingtaine d’années et devenue orpheline, vient vivre quelque temps auprès d’elles. Elle garde ainsi le souvenir de la présence de Raymonde.
À la mi-septembre 1946, Raymonde regagne Paris. Ses parents avaient écrit à Marie-Thérèse pour lui annoncer qu’ils étaient désormais en mesure de reprendre leur fille auprès d’eux. Son frère aîné, Maurice, alors âgé de quinze ans, vient la chercher à Saint-Galmier et ils rejoignent ensemble Paris en train. La famille retrouve alors son appartement d’avant-guerre.
Raymonde conservera toute sa vie une profonde affection pour Marie-Thérèse Robert, qui l’a protégée et cachée pendant la guerre, au péril de sa propre sécurité, la Kommandantur se trouvant à proximité immédiate de son domicile.
En 2026, Yad Vashem, Institut International pour la Mémoire de la Shoah a décerné à Marie-Thérèse Robert, le titre de Juste parmi les Nations.

