Dossier n°14662 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Ernest Henri, Gabriel Picard

Année de nomination : 2026
Date de naissance : 19/02/1896
Date de décès : 23/03/1960
Profession : Comptable

Yvonne Jeanne (Mayaudon) Picard

Année de nomination : 2026
Date de naissance : 20/10/1905
Date de décès : 14/01/2002
Profession : Mère au foyer
    Localisation Ville : Terrasson (24120)
    Département : Dordogne
    Région : Nouvelle-Aquitaine

    Cérémonies

      L'histoire

      Ernest et Yvonne Picard

      Avant la Seconde Guerre mondiale, la famille Lévy habitait à Strasbourg, où le père de famille était employé de banque et son épouse, Marguerite, secrétaire trilingue dans une entreprise d’emballage métallique. Leur fils Roland naquit le 9 janvier 1939, alors que son père venait d’être appelé à servir sous les drapeaux de l’armée française.

      Le 2 septembre 1939, la ville de Strasbourg fut évacuée et, neuf mois plus tard, le 22 juin 1940, l’Alsace fut annexée par l’Allemagne nazie. Monsieur Lévy, arrêté dans le nord de la France, fut fait prisonnier.

      Marguerite Lévy, accompagnée de sa mère, Lucie Cohn, et de son fils Roland, âgé d’à peine huit mois, se rendit à Boulogne-sur-Mer, où elle avait pu obtenir une mutation professionnelle. Grâce à sa maîtrise de trois langues, elle était parfois amenée à servir d’interprète auprès d’officiers allemands. Un jour, l’un d’entre eux la prévint qu’une rafle était imminente et que son nom figurait sur la liste des personnes qui devaient être arrêtées.

      Le soir même, Marguerite quitta précipitamment Boulogne avec son fils et sa mère. Munies de faux papiers, elles franchirent en train la ligne de démarcation et parvinrent jusqu’à Terrasson, en Dordogne, où affluaient alors de nombreux réfugiés alsaciens.

       

      Des familles volontaires s’étaient proposées pour accueillir les réfugiés pas uniquement juifs à leur arrivée à la gare. Ernest Picard s’approcha de Marguerite et lui proposa de les héberger. Conseiller municipal, il disposait, à côté de son propre domicile, d’une maison mitoyenne alors inoccupée. Marguerite Lévy et sa mère y vécurent cachées jusqu’à la fin de la guerre, sous la protection d’Ernest Picard et de son épouse, Yvonne. Pour dissimuler leur identité, Marguerite Lévy prit le nom de « Lery » et sa mère, Lucie Cohn, celui de « Colin ».

       

      Cependant, à mesure que la menace allemande s’intensifiait dans la région et par crainte d’être dénoncée, Marguerite prit la douloureuse décision de se séparer de son fils, alors âgé de quatre ans, et de l’envoyer en secret dans un lieu éloigné. Roland fut recueilli par Louis et Amélie Delbos, à Pomport, en Dordogne, où il put être mis à l’abri.

      Après la guerre, les liens entre Roland Lévy et la famille Picard ne se rompirent jamais.

       

      En 2026, Yad Vashem, l’Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Ernest et Yvonne Picard le titre de Juste parmi les Nations.

       

      Roland et sa mère, Marguerite Levy,
      à Terrasson, juillet 1941

       

       

      Claudine Picard et Roland Levy à Terrasson, avril 1941




      Mis à jour il y a 2 semaines.