Dossier n°1474 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Henri Chaumont

Année de nomination : 1978
Date de naissance : 18/05/1902
Date de décès : 19/01/1965
Profession : Agriculteur, propriétaire d’un harras

Léa Marie Chaumont Vincent

Année de nomination : 1978
Date de naissance : 18/05/1902
Date de décès : 27/03/1965
Profession : Agricultrice
    Localisation Ville : Saint-Dizier (52100)
    Département : Haute-Marne
    Région : Grand-Est

    L'histoire

    Au cours de la période d’avant-guerre, Henri Chaumont, un riche fermier de Haute-Marne qui possédait un haras, entretenait des relations personnelles et des relations d’affaires avec un maquignon juif du nom de Lévy qui vivait à Saint-Dizier. Il lui répéta plus d’une fois qu’en cas de besoin il prendrait soin de lui et de sa famille. Jacques Lévy, le fils du maquignon, avait 18 ans environ en janvier 1944, lorsque la police de Saint-Dizier commença à arrêter systématiquement tous les Juifs de la ville. Trente-cinq d’entre eux, dont les parents de Jacques, furent arrêtés et envoyés à Drancy. Le jeune homme, qui avait réussi à se procurer une bicyclette, s’enfuit chez les Chaumont dont la ferme se situait loin de la ville. Henri et Léa, qui avaient six enfants, l’accueillirent à bras ouverts. Pendant sept semaines – du 27 janvier au 19 mars 1944 – il resta caché chez eux. Sa présence mettait en danger toute la famille, car la police était à sa recherche. Les Chaumont s’occupèrent néanmoins de lui comme s’il faisait partie de la famille. Lorsqu’un étranger s’approchait de la ferme, Jacques était prévenu par les aboiements des chiens; si c’était la nuit, il s’engouffrait dans une cachette spéciale ou se dissimulait dans un bosquet voisin. Après avoir pu obtenir de faux papiers et une carte d’alimentation grâce au maire de Saint-Dizier, il gagna finalement le sud de la France par le moyen d’une filière clandestine. Il vécut tranquillement sous sa fausse identité jusqu’à la Libération. Il resta par la suite en relations amicales avec les Chaumont et participa à toutes leurs fêtes.

    Le 18 juin 1979, Yad Vashem – Institut International pour la mémoire de la Shoah, a décerné à Henri et Léa Chaumont le titre de Juste parmi les Nations.

     




    Mis à jour il y a 2 mois.