Dossier n°1484D - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1979

Claire Chauveau Champagnoux

Année de nomination : 1979
Date de naissance : 03/11/1904
Date de décés : 09/10/1989
Profession : Sans profession

Localisation Ville : Iteuil (86240)
DĂ©partement : Vienne
RĂ©gion : Nouvelle-Aquitaine

L'histoire

Lorsque les Allemands occupèrent la zone libre en novembre 1942, des milliers de Juifs allèrent se rĂ©fugier dans la zone sous contrĂ´le italien, comportant les dĂ©partements des Alpes et de la CĂ´te d’Azur. Ils y bĂ©nĂ©ficièrent d’un rĂ©pit temporaire, Ă  l’abri des dĂ©portations allemandes et de la lĂ©gislation antisĂ©mite de Vichy, La famille Helisiewicz se trouvait parmi eux. Ces Juifs de Pologne Ă©migrĂ©s en France en 1924 s’Ă©taient installĂ©s Ă  Paris oĂą le père travaillait dans l’industrie du vĂŞtement. Deux filles leur Ă©taient nĂ©es, Jacqueline et Florence. Les petites avaient respectivement six et un an et demi lorsque la famille se rĂ©fugia sur la CĂ´te d’Azur en Ă©tĂ© 1942. Avec l’arrivĂ©e des Allemands en septembre 1943, leur situation devint critique. Au cours de la pĂ©riode d’avant-guerre, la famille avait pris des vacances Ă  Iteuil, un petit village de la Vienne, oĂą elle avait fait la connaissance de Claire Chauveau. Les familles avaient sympathisĂ©. Les Helisiewicz dĂ©cidèrent donc de chercher un refuge pour les fillettes Ă  Iteuil. Grâce Ă  de faux papiers et Ă  une lettre de recommandation obtenue d’une femme qui Ă©tait l’amie d’un officier allemand, ils arrivèrent au village sains et saufs. La plupart des habitants d’Iteuil – qui en comptait 1 000 au total – se montrèrent gĂ©nĂ©reux et accueillants. Claire Chauveau Ă©tait une veuve de guerre avec deux enfants. MalgrĂ© ses moyens modestes, elle accueillit les petites filles Ă  bras ouverts et les traita comme ses propres enfants jusqu’Ă  la LibĂ©ration, au mĂ©pris des risques qu’elle courait. Les gens du village, qui savaient qu’elle cachait des enfants juifs, lui venaient en aide. Après la guerre, Jacqueline Helisiewicz exprima son immense gratitude, loua avec effusion sa gentillesse et sa gĂ©nĂ©rositĂ©. « Nous les filles, on l’appelait Tata Claire », dit-elle. Les parents, eux, avaient fini par trouver asile dans une maison isolĂ©e du village, oĂą ils se cachaient dans une pièce dont l’entrĂ©e Ă©tait dissimulĂ©e au fond d’un placard, n’en sortant que la nuit. C’est Claire Chauveau qui les ravitaillait, malgrĂ© le danger – elle devait passer devant un dĂ©tachement allemand qui gardait la voie du chemin de fer. Pour plus de sĂ»retĂ©, les fillettes ignoraient la prĂ©sence de leurs parents. Cependant, tous les dimanches, Claire leur faisait mettre leurs plus beaux habits et allait se promener avec elle près de la cachette des Helisiewicz, qui pouvaient ainsi voir comme les petites Ă©taient bien tenues. La famille fut rĂ©unie Ă  nouveau Ă  la LibĂ©ration. Plus tard, les parents allèrent s’installer au Canada tandis que les filles partaient aux Etats-Unis. Tous continuèrent pourtant Ă  correspondre avec Claire Chauveau, et Ă  plusieurs reprises ils vinrent en France pour lui rendre visite.

Le 18 juin 1979, l’Institut Yad Vashem de jĂ©rusalem a dĂ©cernĂ© Ă  Claire Chauveau le titre de Juste parmi les Nations. 

 

Documents annexes

Article de presse - NĂ©crologie du 09/10/1989 Article de presse – NĂ©crologie du 09/10/1989
12 novembre 2017 06:57:14
Article de presse - Brighton Post du 15/05/1985 Article de presse – Brighton Post du 15/05/1985
12 novembre 2017 06:56:26

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