Dossier n°1571

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Les Justes

Année de nomination : 1979
Léon Perret
Année de nomination : 1979
Date de naissance : 25/05/1878
Date de décés : 08/10/1953
Profession : Frère de l’ordre des Maristes, directeur d’école

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Wolf Lewin et sa femme, des Juifs de Pologne, vivaient en Belgique. Lorsque les Allemands envahirent le pays le 10 mai 1940, ils prirent la fuite en train vers la France, et s’installèrent avec leur fillette de neuf ans dans la ville de Luchon, en Haute-Garonne. Ils y restèrent jusqu’en septembre 1942. Wolf reçut alors ordre de se présenter à la police française. Craignant que ce ne soit le prélude à la déportation et à la mort, il décida de s’enfuir. Il arriva à Lyon, et rencontra dans une synagogue de la ville des délégués du Comité qui aidait réfugiés et personnes en fuite à trouver asile dans des familles chrétiennes. Wolf fut confié à la famille Casati (q.v.). Leur fille, membre d’une œuvre catholique, le conduisit à L’Arbresle où elle enseignait les mathématiques. L’institution, à la tête de laquelle se trouvait le père Léon Perret, comprenait un externat et un internat. Louis Perret et son adjoint Jean Grange (q.v.) acceptèrent immédiatement de l’héberger et lui trouvèrent un emploi d’aide-cuisinier, le faisant passer pour un réfugié catholique belge originaire de Flandre – ceci pour expliquer son accent. Seuls les enseignants savaient la vérité. Atteint d’une affection rénale, le réfugié dut être hospitalisé à Lyon. Le directeur et son adjoint lui fournirent les faux papiers nécessaires et firent appel à deux femmes de leurs connaissances pour lui rendre visite et lui remonter le moral pendant son séjour à l’hôpital. Pendant toute la période où il vécut à l’école, ses sauveurs prirent soin de lui, sans jamais exercer la moindre pression pour le faire aller à la messe et sans s’attendre à une quelconque contrepartie. Dans son témoignage après la guerre, Wolf Lewin déclara : « Ils me cachaient par compassion, et parce qu’ils pensaient avoir le devoir moral d’aider les persécutés. » Le père Léon Perret mourut en 1953. Wolf Lewin revint pour la première fois en 1963 à l’école où il avait trouvé asile. Il y trouva une plaque de marbre portant l’inscription suivante : « Pendant l’Occupation allemande, cette école a donné asile a un réfugié juif, Wolf Lewin, et lui a sauvé la vie. » Cette plaque commémorative a pour but d’éduquer les futures générations.

Le 28 mars 1979, Yad Vashem a décerné au père Léon Perret le titre de Juste parmi les Nations.

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