Dossier n°1572

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Les Justes

Année de nomination : 1979
Jean Grange
Année de nomination : 1979
Date de naissance : 07/06/1904
Date de décés : 27/08/1972
Profession : Directeur adjoint d’un établissement d’enseignement catholique pour garçons

Localisation Ville : L’Arbresle (69210)
Département : Rhône
Région : Auvergne-Rhône-Alpes


Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2020, le titre avait été décerné à 27712 personnes à travers le monde, dont 4130 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Jean Grange était le directeur adjoint d’un établissement d’enseignement catholique pour garçons à l’Arbresle, près de Lyon. L’institution, à la tête de laquelle se trouvait Léon Perret (q.v) comprenait un externat et un internat. Wolf Lewin et sa femme, des Juifs de Pologne, s’étaient réfugiés en Belgique. Lorsque les Allemands envahirent le pays le 10 mai 1940, ils s’enfuirent en France, et s’installèrent avec leur fillette de neuf ans dans la ville de Luchon, en Haute-Garonne. Ils y demeurèrent jusqu’en septembre 1942, où Wolf reçut ordre de se présenter à la police française. Redoutant que ce ne soit le prélude à la déportation et à la mort, il prit la fuite. Il arriva à Lyon, et rencontra dans une synagogue de la ville des volontaires du Comité de sauvetage des Juifs. Cette organisation, qui aidait les réfugiés et les personnes en fuite à trouver asile dans des familles chrétiennes, le confia à la famille Casati. Leur fille, qui appartenait à un mouvement catholique, le conduisit à L’Arbresle où elle enseignait les mathématiques. Jean Grange et Louis Perret acceptèrent immédiatement de l’héberger et de l’employer comme aide cuisinier, le faisant passer pour un réfugié catholique flamand. Seuls les enseignants connaissaient la vérité. Atteint d’une affection rénale, Wolf dut être hospitalisé à Lyon. Le directeur et son adjoint lui fournirent les faux papiers nécessaires et firent appel à deux femmes de leur connaissance pour lui rendre visite et lui remonter le moral pendant son séjour à l’hôpital. Pendant toute la période où il vécut à l’école, ses sauveteurs prirent soin de lui, sans jamais essayer de le persuader d’assister à la messe et sans s’attendre à une quelconque contrepartie. Dans son témoignage après la guerre, Wolf Lewin déclara : « Ils me cachaient par compassion, et parce qu’ils pensaient avoir le devoir moral d’aider les persécutés. » Jean Grange prenait pourtant des risques considérables en aidant le réfugié. D’autant que l’école était située à proximité d’un château fréquenté par les officiers allemands, et que, dans le voisinage, une quarantaine de personnes avaient été fusillées pour avoir contrevenu aux réglements imposés par les Allemands. Après la guerre, Wolf Lewin émigra en Israël mais garda le contact avec ses sauveteurs. Lorsqu’il revint pour la première fois à l’école où il avait trouvé asile, il y trouva une plaque de marbre portant l’inscription suivante : « Pendant l’Occupation allemande, cette école a donné asile a un réfugié juif, Wolf Lewin, dont elle sauva la vie. » Cette plaque commémorative avait pour but d’éduquer les générations futures.

Le 28 mars 1979, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Jean Grange le titre de Juste parmi les Nations.

 

Père Grange en 1947

Documents annexes

Article de presse - L'Arbresle de 1972 Article de presse – L'Arbresle de 1972
10 février 2018 09:05:50

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