Louise Thèbe
Année de nomination : 1980
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Directrice de l’Œuvre Sainte-Germaine

Localisation Ville : Capdenac (12700)
Département : Aveyron
Région : Occitanie

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Le 23 août 1942, Monseigneur Saliège (q.v.), archevêque de Toulouse, publia une lettre pastorale qui fut lue dans toutes les églises du diocèse et provoqua de nombreuses réactions. L’évêque s’élevait contre le traitement infligé aux Juifs et déclarait clairement : « Ils sont nos frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier. » Cette intervention, venant d’un prélat qui, jusqu’alors, avait gardé le silence, avait été provoquée par les rafles de l’été et les déportations massives. Désormais l’archevêque va encourager les opérations de sauvetage des enfants juifs. Qu’il s’agisse d’enfants arrachés plus ou moins légalement aux camps du sud de la France, ou d’enfants dont les parents avaient disparu ou étaient sur le point d’être déportés. Il chargea de cette tâche, parmi d’autres, la directrice de l’Oeuvre Sainte Germaine, Louise Thèbes. Celle-ci utilisa l’école du couvent de Notre Dame de Massip à Capdénac, dans le Lot. Avant la guerre, la plupart des élèves venaient des environs ; douze lits sur les soixante dont disposait le pensionnat suffisaient pour les enfants habitant plus loin. Pendant l’été, une colonie de vacances, la « Colonie Sainte-Germaine » utilisait ce local. Louise Thèbes recrutait les enfants à Toulouse dans des familles catholiques pratiquantes aux ressources modestes, les amenait à Capdenac et les raccompagnait chez eux une fois les vacances terminées. A la suite de la lettre de monseigneur Saliège, ce recrutement changea : Louise Thèbes escorta un nombre croissant de petits Juifs vers le couvent de Massip et son école. L’opération, commencée à la fin 1942, prit de l’ampleur avec l’aggravation de la situation dans le sud de la France. A l’été 1944, l’école ne comptait pas moins de 65 élèves juifs ainsi qu’un certain nombre d’adultes, qui y trouvaient refuge pour des périodes plus ou moins longues. Plusieurs religieuses, dont la directrice de la colonie, Sœur Denise Bourgon (q.v.) étaient au courant ainsi que des enseignantes telle Marguerite Roques (q.v.). Pour éviter d’attirer l’attention, les enfants se voyaient attribuer de faux noms à leur arrivée et devaient aller à la messe le dimanche. Denise Hervichon et Annie Beck, qui avaient quinze ans, le petit Albert Seifer, huit ans et sa grande sœur Berthe, 12 ans, furent parmi les jeunes Juifs qui trouvèrent asile au couvent. Dans son témoignage après la guerre. Denise raconte que l’établissement « n’avait ni eau courante, ni chauffage, ni téléphone. Massip était un petit pensionnat religieux aux moyens très modestes, la table restait frugale mais on s’en accommodait bien. Tous, enfants et adolescents, nous n’avons jamais cessé de nous sentir en sécurité, heureux même, et surtout aimés. » Tous les enfants cachés au couvent survécurent à l’Occupation et rentrèrent sains et saufs à Toulouse à la Libération.

Le 8 juillet 1980, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Louise Thèbes le titre de Juste parmi les Nations. 

Articles annexes




Mis à jour il y a 4 mois.