Dossier n°1813 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1980

CĂ©cile Cuccaroni Faloci

Année de nomination : 1980
Date de naissance : 03/07/1894
Date de décés : 06/06/1947
Profession : gouvernante, employée de maison

L'histoire

En 1940, CĂ©cile Cuccaroni fut engagĂ©e comme gouvernante par Bernhard et Elsbeth Rosenbaum, des Juifs de Dantzig qui, deux ans plus tĂ´t, Ă©taient venus s’installer Ă  Nice avec leurs enfants. Lorsque les Rosenbaum furent forcĂ©s de quitter leur appartement et de se cacher en 1942, la courageuse gouvernante les aida Ă  tenir bon jusqu’Ă  la LibĂ©ration. Bernhard Rosenbaum Ă©tait avocat, et quelques annĂ©es avant de quitter Dantzig, avait gratuitement prodiguĂ© ses services aux religieuses catholiques de l’ordre Schwestern zum Guten Hirten. Lorsqu’il se trouva contraint de fuir, les religieuses reconnaissantes lui donnèrent une lettre de recommandation pour le couvent du Bon Pasteur Ă  Cannes, tenu par un ordre proche du leur. C’est ainsi qu’une dĂ©lĂ©gation des soeurs de ce couvent vint accueillir la famille Ă  son arrivĂ©e Ă  Nice et lui offrit assistance en cas de besoin. Le 26 aoĂ»t 1942, les Rosenbaum furent avertis qu’une rafle de Juifs devait avoir lieu le jour-mĂŞme. N’ayant pas eu le temps de se chercher une cachette, ils se bornèrent Ă  dĂ©brancher la sonnette de l’appartement qu’ils avaient louĂ© avenue des Fleurs. Les gendarmes sonnèrent donc en vain, puis frappèrent violemment Ă  la porte. N’obtenant aucune rĂ©ponse, ils conclurent qu’il n’y avait personne. Pendant les six semaines qui suivirent, les Rosenbaum se cachèrent dans des chambres de bonne sous le toit, n’utilisant les sanitaires que lorsque les locataires du dernier Ă©tage Ă©taient absents, afin que nul ne soupçonne leur prĂ©sence. Elsbeth Rosenbaum fut ensuite recueillie avec ses deux petits-enfants par des amis français. On pensait qu’elle n’Ă©tait pas en danger du fait de son âge avancĂ©, et c’est donc elle qui, avec CĂ©cile Cuccaroni, apportait de la nourriture et des objets de première nĂ©cessitĂ© aux trois membres de sa famille qui se cachaient. CĂ©cile transmettait aussi des messages aux uns et aux autres et servait ainsi de trait d’union entre les membres dispersĂ©s de la famille. En septembre 1943, après la reddition de l’Italie aux AlliĂ©s, les Allemands occupèrent Nice et l’ensemble de la zone prĂ©cĂ©demment sous contrĂ´le italien. La Gestapo intensifia alors les persĂ©cutions contre les Juifs. Pour leur Ă©chapper, les Rosenbaum changèrent constamment de cachettes. CĂ©cile Cuccaroni continua Ă  les aider, transmettant courrier et informations, apportant nourriture, vĂŞtements et l’argent qu’envoyait Elsbeth, sans oublier des jouets pour les enfants. Elle accompagnait les Rosenbaum d’une « planque » Ă  l’autre – de l’autre cĂ´tĂ© de la rue ou aux confins de la ville. A la demande d’Elsbeth, elle se rendit au couvent du Bon Pasteur de Cannes demander Ă  la Mère supĂ©rieure d’accueillir les deux petits enfants. La religieuse accepta et CĂ©cile dĂ©cida spontanĂ©ment de les inscrire sous son propre nom. Un peu plus tard, en janvier 1944, elle escorta jusqu’au couvent Elsbeth, sa fille, sa belle-fille et deux amis de la famille.

Le 5 juin 1981, Yad Vashem a décerné à Cécile Cuccaroni le titre de Juste des Nations.

 

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