Les Justes
Hélène (Gutzler) Burger
Année de nomination : 1980Date de naissance : 16/05/1900
Date de décès : 04/06/1987
Profession : Infirmière bénévole au service de la Croix Rouge
Département : Paris
Région : Ile-de-France
Lieu de mémoire
Personnes sauvées
Lieu porteur de mémoire
Cérémonies
L'histoire

Hélène BURGER en 1942
Lorsque les Allemands annexèrent l’Alsace, Hélène Burger, qui vivait à Mulhouse, réussit à s’enfuir avec son fils en prenant place dans une ambulance à destination d’Agen, dans le Lot-et-Garonne. Elle devint alors infirmière bénévole au sein de la Croix-Rouge.
Sa principale mission consistait à escorter des enfants réfugiés entre la zone occupée et la zone libre afin qu’ils puissent retrouver leurs familles. C’est dans ce cadre qu’en mai 1942, elle accompagna un groupe d’enfants, parmi lesquels se trouvaient deux jeunes filles juives, jusqu’à la place de la Madeleine, à Paris, où une autre infirmière de la Croix-Rouge devait prendre le relais. Après avoir attendu près d’une heure sans voir arriver sa collègue, elle fut remarquée par un policier français, qui la conduisit devant un officier allemand.
Celui-ci l’interrogea. Hélène Burger, qui parlait couramment l’allemand, expliqua qu’elle ramenait des enfants auprès de leurs parents en Alsace. Ignorant que certains d’entre eux étaient juifs, l’officier fut convaincu par ses explications. Il lui délivra un Ausweis spécial pour son voyage ainsi qu’un laissez-passer valable un an entre Agen et Paris, qu’elle utilisa par la suite lors de nombreuses missions.
Après les grandes rafles de Juifs à Paris, de nombreux enfants ayant échappé aux arrestations en étant cachés chez des voisins ou des amis demeuraient dans la capitale. Hélène Burger fut chargée de les retrouver et de les conduire à Brive-la-Gaillarde, en Corrèze, où ils étaient pris en charge par une organisation juive de secours. N’étant autorisée à escorter que huit enfants à la fois, elle dut effectuer de nombreux allers-retours. Afin d’éviter tout soupçon, les enfants voyageaient sous de fausses identités. En 1943, Hélène Burger contribua également au passage clandestin de deux familles juives, chacune composée de deux parents et de deux enfants, vers la Suisse.
La famille Muller résidait alors en zone sud. Max Muller avait fait la connaissance de la jeune femme dans un train du sud de la France, alors qu’elle escortait, en uniforme d’infirmière, des enfants venant de la zone occupée. Il lui demanda de l’aider à faire venir son fils de quinze ans, resté à Versailles. Hélène Burger accepta, et l’opération permit à la famille d’être réunie.
Peu après, lorsque la menace d’une déportation imminente des Juifs se précisa, Max Muller sollicita de nouveau son aide. Madame Muller, déguisée en infirmière, accompagna Hélène Burger. Toutes deux prirent le train avec les enfants, présentés comme de jeunes malades devant être conduits dans un établissement situé à Saint-Julien-en-Genevois, près de la frontière suisse. Arrivés à proximité de leur destination, ils quittèrent discrètement le train avec la complicité de cheminots avant de franchir clandestinement la frontière.
Le 20 novembre 1980, Yad Vashem – Institut International pour la mémoire de la Shoah, décerna à Hélène Burger le titre de Juste parmi les Nations.

Cérémonie de remise de médaille et de diplôme en 1981

