Dossier n°2008A

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Les Justes

Année de nomination : 1981
Louis Prucser
Année de nomination : 1981
Date de naissance : 08/08/1898
Date de décés : 14/05/1975
Profession : Frère mariste, enseignant à l’école française Champagnat à Budapest

Localisation Ville : Budapest ()
Département :
Région :

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Le frère Louis Prucser, né en 1898, enseignait à l’école Champagnat, au centre de Budapest. Tenu par des moines maristes, l’établissement fonctionnait sous les auspices de la nonciature papale et de la Croix-rouge suédoise. Frère Louis était l’un des huit frères maristes qui donnèrent asile à des dizaines de familles juives – enfants, adultes et personnes âgées – dans leur école. Le mouvement nazi hongrois des Croix flêchées prit le pouvoir à Budapest le 15 octobre 1944 et, le mois suivant, le modeste bâtiment était rempli de réfugiés. Les huit moines avaient abandonné leurs cellules aux Juifs; certaines en abritaient jusqu’à vingt. C’est le frère Albert Pfleger (q.v.) qui avait pris l’initiative de cette opération de sauvetage. Frère Louis, qui accueillit les premiers enfants, encouragea ses collègues à suivre l’exemple du père Albert. Ce dernier se rendait en compagnie de deux autres moines au ghetto de Budapest, et ils en extrayaient des enfants juifs. Ils leur donnaient asile, les nourissaient et leur procuraient de faux papiers. Les religieux allaient régulièrement à la Croix-rouge suédoise pour obtenir les papiers nécessaires. Selon Bela Hazai, de soixante à soixante-dix familles juives furent ainsi accueillis dans les locaux de Champagnat. Andreas Vertes, arrivant à l’école à la fin du mois de novembre 1944, y trouva ses parents et sa soeur parmi les dizaines de réfugiés. Le 19 décembre 1944, la Gestapo opéra une descente dans l’établissement et arrêta tout le monde, moines compris. Frère Louis était parmi les prisonniers. Malgré les tortures, les privations et la maladie, les frères refusèrent héroïquement de révéler qui de leurs protégés étaient juifs. Ils estimaient ne faire ainsi que leur devoir. Le frère Pfleger n’avait-il pas dit « Si on vient arrêter les réfugiés, nous irons avec eux en prison. »

Le 26 février 1981, Yad Vashem a décerné au frère Louis Prucser le titre de Juste parmi les Nations.

 

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