Dossier n°2204 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1982

Françoise Charpiot

Année de nomination : 1982
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Institutrice

Hélène Charpiot

Année de nomination : 1982
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Responsable d’un Home d’enfants

Localisation Ville : Cannes (6400)
DĂ©partement : Alpes-Maritimes
RĂ©gion : Provence-Alpes-CĂ´te d’Azur

L'histoire

HĂ©lène Charpiot dirigeait un home pour enfants Ă  Cannes. De 1940 Ă  la LibĂ©ration, cette femme protestante s’occupa avec dĂ©vouement et affection de nombreux enfants qui avaient Ă©tĂ© sĂ©parĂ©s de leurs parents – rĂ©sistants ou Juifs qui avaient Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s ou qui se cachaient pour Ă©chapper aux Allemands. Colette Halber n’avait que trois ans lorsqu’elle arriva dans le home en compagnie de son grand frère Claude, neuf ans. Leur père avait Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© en juillet 1942 et leur mère un an plus tard. Tous deux furent dĂ©portĂ©s Ă  Auschwitz oĂą ils pĂ©rirent assassinĂ©s. Consciente du danger que couraient les enfants juifs et des rafles toujours possibles, HĂ©lène Charpiot utilisait des stratagèmes pour camoufler leur identitĂ©. Après avoir dĂ©truit leurs pièces d’identitĂ©, elle donnait de faux papiers aux petits fugitifs, qui recevaient des cartes d’alimentation Ă©tablies Ă  leur nom d’emprunt; ensuite elle leur faisait rĂ©pĂ©ter longuement leur nouvelle identitĂ© avant de les placer dans des groupes d’enfants chrĂ©tiens. Elle Ă©tait assistĂ©e. par sa fille Françoise, qui Ă©tait professeur, et par Elisabeth Martinet. Les classes se tenaient dans une atmosphère chaleureuse et familiale. Les enfants appelaient HĂ©lène « Mamie » et Elisabeth « Tatie ». A un moment donnĂ©, les Allemands donnèrent l’ordre Ă  HĂ©lène d’Ă©vacuer le home et d’aller s’installer avec les enfants dans un hĂ´tel, le « Château Saint-Georges ». L’une des ailes de cet Ă©tablissement Ă©tait occupĂ©e par des officiers allemands et italiens; les enfants se retrouvèrent dans l’autre. Paradoxalement, ils Ă©taient relativement en sĂ©curitĂ© car, Ă  partir de l’arrivĂ©e des Allemands, il n’y eut plus de perquisitions Ă  l’hĂ´tel. A NoĂ«l, les soldats allemands vinrent chanter les cantiques traditionnels avec les enfants chrĂ©tiens et juifs du foyer. L’ambiance Ă©tait pourtant lourde. Les trois femmes se sentaient mal Ă  l’aise et dĂ©cidèrent de transfĂ©rer les enfants vers l’intĂ©rieur de la France. En pleine nuit, un camion s’arrĂŞta devant l’hĂ´tel et tous les enfants, y compris Colette et Claude Halber, furent conduits dans une ferme Ă©loignĂ©e, Ă  Mirepoix dans l’Ariège, non loin de la frontière espagnole. Ils y restèrent de la fin de l’annĂ©e 1943 jusqu’Ă  la LibĂ©ration. Les enfants juifs, dont beaucoup Ă©taient devenus orphelins, furent alors dispersĂ©s. Certains furent recueillis par des parents, d’autres, comme Colette, partirent en IsraĂ«l. La plupart d’entre eux perdirent de vue HĂ©lène Charpiot et Elisabeth Martinet; celles-ci, ayant dĂ©truit les papiers des enfants et ignorant leurs noms vĂ©ritables, ne savaient pas comment reprendre contact avec eux. Après la guerre, Raymond Franc raconta la façon dont HĂ©lène. avait sauvĂ© son petit garçon. A la fin de l’annĂ©e 1943, les parents de sa femme avaient Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s Ă  Nancy puis dĂ©portĂ©s vers l’est. Raymond et sa femme, craignant que les Allemands n’aient dĂ©couvert leur adresse Ă  Toulouse, dĂ©cidèrent de se cacher. Redoutant l’incertitude de cette vie pour le petit garçon, ils le confièrent Ă  HĂ©lène Charpiot qui l’accueillit de grand cĹ“ur et lui fournit papiers et carte d’alimentation.

Le 12 mai 1982, Yad Vashem a dĂ©cernĂ© Ă  HĂ©lène et Françoise Charpiot ainsi qu’Ă  Elisabeth Martinet le titre de Juste des Nations. 

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