Dossier n°2292 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1982

Henriette Duchemin

Année de nomination : 1982
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Institutrice Ă  l’Ă©cole primaire, secrĂ©taire de mairie

Localisation Ville : La Chapelle-du-Bois-des-Faulx (27930)
DĂ©partement : Eure
RĂ©gion : Normandie

L'histoire

Henriette Duchemin Ă©tait institutrice Ă  l’Ă©cole primaire de La Chapelle du Bois des Faulx, un village de l’Eure. Elle Ă©tait Ă©galement secrĂ©taire de mairie. Elle se consacra au sauvetage des enfants juifs, aidant le docteur Rita Breton (q.v.) Ă  les cacher dans les villes et villages de la contrĂ©e. Elle fournissait de faux papiers d’identitĂ© et des cartes d’alimentation, trouvait des familles prĂŞtes Ă  accueillir des enfants contre paiement, et s’assurait que ses protĂ©gĂ©s allaient bien Ă  l’Ă©cole. Elle expliquait Ă©galement aux petits comment se conduire pour dissimuler leur identitĂ© et ne pas rĂ©vĂ©ler qu’ils Ă©taient juifs. Dans la plupart des cas en effet, les familles d’accueil ne savaient pas que leurs pensionnaires Ă©taient juifs. En 1943, il restait certes encore beaucoup de familles juives Ă  Paris mais de plus en plus de parents confiaient leurs enfants Ă  l’OSE, car, se sentant menacĂ©s d’arrestation, ils voulaient Ă©viter ce sort Ă  leurs enfants et assurer leur avenir. C’est ainsi que le 19 octobre 1943, Dorothea Morgenstern accompagna ses deux fils, Henri et Jacques, au centre mĂ©dical de l’OSE Ă  Paris. La jeune femme, alors enceinte de cinq mois, avait entendu dire que les membres de cette organisation plaçaient des enfants juifs en lieu sĂ»r. Les deux garçons furent conduits chez le docteur Breton oĂą ils passèrent la nuit. Le lendemain Rita Breton les escorta Ă  La Chapelle et les confia Ă  Henriette Duchemin. Cette dernière leur fournit de faux papiers et des cartes d’alimentation et les amena chez l’épicière du village, qui avait acceptĂ© de les hĂ©berger. Henriette Ă©tait la seule Ă  savoir que les enfants Ă©taient juifs. Henri et Jacques vĂ©curent Ă  La Chapelle jusqu’Ă  la LibĂ©ration et eurent ainsi la vie sauve. Henriette Duchemin prit courageusement part Ă  de nombreuses autres opĂ©rations de sauvetage d’enfants juifs, en dĂ©pit des risques considĂ©rables qu’elle courait. Sa seule motivation Ă©tait l’amour de l’humanitĂ© et elle ne chercha jamais la moindre rĂ©tribution.

Le 3 juin 1982, l’Institut Yad Vashem de JĂ©rusalem a dĂ©cernĂ© Ă  Henriette Duchemin le titre de Juste parmi les Nations.

Cérémonie

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